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Shaolin Shadow : la passion de la vidéo au service des expressions

Shaoling Shadow, est l’initiative de jeunes vidéastes bien décidés à se lancer dans le métier et ce faisant à transmettre leur passion en formant d'autres jeunes. Si l'association diversifie régulièrement ses actions, elle met avant tout le pied à l’étrier de jeunes créateurs en offrant les conditions d’une expérience professionnelle indispensable pour percer dans le monde de l'audiovisuel.

La passion de trois amis

Michel Nogara, 23 ans, se lance dans l'aventure en 2004 en compagnie d'un ami et d'un cousin avec pour point de départ le désir de se faire la main sur les outils vidéos pour s’essayer aux métiers de l'audiovisuel. En effet, dans ce secteur, l'expérience prévaut avant tout pour s'y faire une place. Très vite, les trois complices se rendent à la nécessité de créer une structure sous forme d'association : « La constitution de la structure a concrétisé le projet et l'a fait avancer en donnant un cadre à notre envie et en facilitant les contacts », confie le jeune président de l'association. En référence à la culture du Kung Fu, discipline proche de leur état d'esprit, Shaolin Shadow est créé car «il faut se sacrifier à une certaine discipline afin d'exercer avec plaisir notre passion ».

Première réalisation

Outre leurs propres productions, les trois jeunes vont commencer à faire la démonstration de leur savoir-faire auprès de jeunes d'une Maison des jeunes et de la culture (MJC) de l'agglomération grenobloise. L'action consiste à accompagner les 15-18 ans dans le montage d'un court-métrage destiné au concours national Oroleis « Regards jeunes sur la cité ». Cette expérience s'avèrera une étape décisive et un point de repère pour la suite. Ils vont régulièrement proposer des journées d’initiation au maniement des outils audiovisuels ou aux techniques de tournage auprès de divers groupes de jeunes.

Acquérir une première expérience

Le bouche-à-oreille aidant, d'autres jeunes s'intéressent au projet et rejoignent l'association. Les trois fondateurs, bien que se sentant encore novices en la matière, vont relever le défi et leur transmettre ce qu'ils ont appris. Ils repensent alors leur projet initial et s'engagent dans la voie de la professionnalisation. L’association doit servir à mettre en œuvre les conditions d'une première expérience exigée par les écoles de formation : « Sans ce premier bagage, c'est mission impossible, plus encore lorsqu'on vient d'un milieu défavorisé. Car se former demande surtout du temps et de l'argent que les jeunes n'ont pas forcément ». L'association va permettre d’obtenir le fameux sésame « pour forcer les portes d'entrée » du milieu. En intégrant de nouveaux membres, elle s'agrandit et se structure. Âgés de 17 à 25 ans, 13 membres animent Shaolin Shadow aujourd'hui.

Tester les motivations sur le terrain

Vidéastes amateurs initialement, les fondateurs passent le costume d'accompagnateurs de projet audiovisuel. Nouveau métier, mais aussi nouvelles responsabilités à endosser. Le plus difficile n'est pas de créer les projets mais de trouver les financements pour les mener à bien. L'apprentissage se fait en impliquant les jeunes créateurs à chaque étape du montage du projet : « La recherche de fonds est une bonne porte d'entrée pour tester leur motivation. C'est une tâche souvent ingrate. Mais pour ceux qui s'y impliquent, nous avons la certitude qu'ils iront au bout de leur projet », constate Michel. Dans ce travail, ils sont soutenus par une association locale Cap Berriat qui les appuie dans le développement des projets.

Développer des identités

C’est avec des idées plein la tête que les jeunes créateurs apprentis s’adressent à l’association et des projets pas encore construits. Lahcine Leyman, qui assure le rôle de « manager général » les accompagne tout au long du montage du projet jusqu'à sa finalisation. Les vidéastes s'initient aux différents aspects du métier afin d'en faire de futurs professionnels « complets ». Ils tournent ainsi des images, conçoivent la production, la production exécutive, le montage de films, de clips ou encore la création de DVD. « Il est important qu'ils soient présents à toutes les étapes. Cela les rend débrouillards et autonomes dans leur travail, mais surtout, cela les aide à développer, professionnellement, leur propre identité », explique le président de Shaolin Shadow. Reportages, mini-séries, clip vidéo, le site Internet permet de faire connaître les productions de l’association.

Implication dans la vie locale

Vie du quartier, vie des habitants, tournois de foot ou spectacles de danse urbaine, Shaolin Shadow s'implique également dans des projets locaux pour en assurer la couverture. La Ville d’Echirolles (38) où est implantée l'association, passe commande de supports vidéo pour couvrir les évènements locaux - manière indirecte pour la commune de participer à l'autofinancement de l'association. Ce fut le cas, par exemple, lors des rencontres des jeunes élus dans le cadre du Forum « Merci de déranger ». D’autres structures font dorénavant appel à leurs talents qui trouveront à s’exercer prochainement lors de la journée « participation des jeunes à la vie locale » organisée localement pour laquelle les interviews filmées d’acteurs associatifs et d'élus à la jeunesse, serviront d’amorce et de support au débat public.

Diversification des actions

Début 2007, Shaolin Shadow diversifie ses projets et ajoute à ses activités la promotion musicale de jeunes talents grenoblois à travers la fusion avec une autre structure culturelle locale Meltin'Point. Alliant le savoir-faire de la vidéo et la création musicale, la structure s’emploie à aider musiciens et chanteurs, encore sans moyen et sans contacts, pour créer les supports audiovisuels de promotion en partenariat avec d’autres associations culturelles et des studios. Les artistes en devenir réalisent leur premier clip vidéo et composent des bandes originales qui serviront de cartes de visite auprès des professionnels. Mais les places restent limitées. « Nous ne pouvons aider que deux artistes ou groupes par an. Cela nous est arrivé de refuser des jeunes de talent. Pour ne pas nous éparpiller, nous privilégions la qualité à la quantité », explique Michel Nogara qui accompagne actuellement une chanteuse et un rappeur. L'association insiste, en particulier, sur l'implication des artistes dans leur travail afin de leur permettre d'acquérir, par eux-mêmes, un savoir-faire complet « afin qu'ils deviennent acteurs de leur projets et non qu'ils attendent passivement des indications de ce qu’ils doivent faire ».

Les projets

Les fondateurs et les membres de Shaolin Shadow ont le secret espoir de concrétiser un projet qui leur tient à cœur : la création d'une formation diplômante qui se déroulerait à Paris sous forme de stage intensif de deux semaines. « C'est assez court, mais cela constituerait un bon tremplin », espère Michel. Au programme : prise de vue et de son, gestion des lumières... Une formation taillée pour les caméramans. « Nous recherchons une école du secteur qui accepterait de conduire ce projet avec nous. Notre objectif est que cette formation voie le jour pour 2008 », souligne-t-il. Avis aux intéressés!

Contact
Shaolin Shadow
2F Impasse Nicéphore Nièpce
38130 ECHIROLLES
04 76 40 10 46
06 29 82 99 09
shaolin_shadow@hotmail.com


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