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Chantiers de jeunesse internationaux : l’expérience solidaire

S’investir dans une association demande souvent du temps dont tout le monde ne dispose pas forcément. Les chantiers de jeunesse offrent une bonne solution à ceux qui veulent tester leur « fibre solidaire » sur une courte durée.

Les chantiers internationaux ont démarré dans les années 1920 en Europe. En France, ils ont été popularisés en 1936 à l’initiative de l’association Service civil international, qui propose aujourd’hui encore de 500 à 600 chantiers d’été tous les ans. D’autres associations lui ont emboîté le pas pour promouvoir la paix et le rapprochement entre les peuples. Depuis, les chantiers se sont élargis à d’autres domaines d’intervention comme le social, l’environnement, le patrimoine ou encore l’éducation, et concernent aujourd’hui un bon nombre d’associations.

Vie collective et transformation sociale

Les « chantiers » sont des séjours de courte durée, encadrés par une structure associative ou une organisation non gouvernementale (ONG), organisés en France ou à l’étranger. Ils sont conçus autour d’une vie de groupe. Leur vocation : mêler les objectifs personnels aux objectifs collectifs de transformation sociale autour d’un projet associatif. Il peut s’agir, par exemple, de favoriser un développement comme la reconstruction d’une école ou des cours d’alphabétisation, dans une ville ou une zone géographique précise. Ils s’étendent, généralement, d’une semaine à un mois. La période estivale est le moment idéal pour se lancer.

Se découvrir soi-même

Les bénéfices ne se mesurent pas en termes financiers ou matériels. Participer à un chantier, c’est passer des vacances utiles en vivant une solidarité de terrain, au profit d’un intérêt général. Pour certains, ce sera le déclic, la possibilité de tester une vocation et pourquoi pas d’en faire un métier. Au-delà des projets, un chantier est surtout un endroit privilégié de rencontres entre jeunes venus de différents horizons et d’autres cultures. L'apprentissage de la vie collective se fait lors du travail, des loisirs, des repas, qui sont tout autant d’occasions de se connaître soi-même, de découvrir ses potentialités mais aussi ses limites.

Un vaste choix

Un chantier ne se choisit pas au hasard. Il doit être mûrement réfléchi et préparé. En s’engageant, les volontaires s’investissent autour d’un projet et d’un objectif précis. Dans quoi s’investir ? Tout dépend des motivations et des affinités mais aussi de la nature des projets. Le choix est vaste : soutien scolaire, préservation d’un patrimoine, construction d’un centre de santé, d’une école, travaux d’irrigation, actions culturelles, sportives ou sociales, investissement auprès des animaux… Les projets doivent s’inscrire dans un tissu social local (quartier, ville ou village) pour pouvoir être reconnus comme « utiles ». Planifier son départ presque six mois à l’avance est conseillé, sachant que les chantiers sont organisés entre mai et juin. Car les places offertes sont souvent bien inférieures à la demande.

Qui peut participer ?

Tout le monde ou presque car il faut avoir au moins 18 ans, voire 21 ans pour des chantiers à l’étranger. En principe, les volontaires n’excèdent pas 30 ans. Quelques structures, comme l’ASMAE, proposent des chantiers sans limite d’âge pour favoriser les échanges entre les générations, mais la plupart des chantiers sont exclusivement réservés aux adolescents à partir de 14 ans. Pour démarrer, un chantier doit compter au minimum 5 personnes, sans dépasser la vingtaine, sous la responsabilité d’un ou plusieurs animateur(s). Aucune formation préalable, ni compétences particulières ne sont demandées, mais plutôt des qualités qui rendent la vie en communauté possible (esprit d’équipe, d’entraide et d’adaptation) et une bonne condition physique. Un stage de préparation, peu avant le démarrage, est à prévoir.

Avec quelles associations ?

Chaque structure possède sa spécificité. Avant de s’engager, il ne faut pas hésiter à comparer plusieurs associations. Chez Emmaüs http://www.emmaus-france.org/ par exemple, les jeunes, dès 18 ans, travaillent au financement des structures d’accueil en récupérant divers objets. L’association compte ainsi 24 points d’accueil dont un en Italie et un en Bosnie. En 2006, elle a accueilli 500 personnes de 31 nationalités différentes. Concordia, organise depuis 57 ans des chantiers internationaux, dans plus de 60 pays (dont la France). Solidarités Jeunesses, branche française d’Action jeunesse pour la paix (YAP), organise des actions de solidarité internationale dans 18 pays. Les chantiers proposés concernent aussi bien les jeunes que des personnes de plus de 50 ans et des familles. La structure Ateliers Sans Frontières mobilise des jeunes de quartiers défavorisés pour réaliser des chantiers de construction d’infrastructures et d’échanges pour les jeunes des pays comme le Brésil, l’Inde, le Sénégal, le Maroc... et avec eux. Des dizaines de chantiers de solidarité internationale sont aussi réalisés en Thaïlande, au Brésil, au Sénégal, en Algérie...

Ce qu’il faut savoir avant de s’inscrire

Les volontaires ont un statut de bénévole et ne sont pas rémunérés. Les associations ne doivent pas être confondues avec des agences de voyage à moindre coût : les volontaires s’acquittent du coût-transport et s’occupent des éventuels visas comme de la mise à jour des vaccinations. En plus des frais d’inscription (qui incluent l’adhésion et une assurance), il peut leur être demandé de participer au coût de fonctionnement du chantier, surtout pour ceux basés à l’étranger. Mais tout dépend de la destination et de la nature de l’activité. Le coût peut s’élever à 2 000 euros pour des destinations plus lointaines ou difficiles d’accès comme le Groenland, par exemple.
Si une personne souhaite participer à d’autres actions, elle devra payer les frais d’inscription pour chacune d’elles. Pour la France, les associations offrent souvent le « couvert et le logis ». Pour le reste, les associations assurent obligatoirement contre les risques d’accident, de maladie et couvrent les responsabilités civiles de ses bénévoles. Concernant les biens personnels et les voyages, il est prudent de souscrire une assurance complémentaire personnelle. En cas de chantier à l’étranger, il faut se munir du formulaire approprié au pays choisi, distribué par la Sécurité sociale, attestant la protection sociale du volontaire.

Édition 2007 de l’annuaire des acteurs de la solidarité internationale

Ritimo, réseau d'information spécialisé sur la solidarité internationale et le développement, vient de mettre à jour son répertoire des acteurs de la solidarité internationale en France ou à l’étranger. En plus des informations pratiques sur le secteur et les dispositifs existants, il référence près de 400 structures, associatives ou non, dont celles qui s’occupent de chantiers internationaux.


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