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STAJ-Touraine : l'animation participativeCréé il y a une trentaine d'années, le STAJ (Service technique pour les activités de jeunesse, ) est une association nationale de formation à l'animation. Ses associations locales, et en particulier celle de Tours (www.staj.asso.fr/tours), en Indre-et-Loire, ont investi des terrains d'action citoyenne, selon les projets des jeunes ou des bénévoles... Formation à l’animationLa formation à l'animation constitue le socle d'activité commun aux douze sites du Staj (www.staj.asso.fr/sites/sites01.htm). Les sessions Bafa (Brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur), Bafd (Brevet d'aptitude aux fonctions de directeur), Beatep (Brevet d'État d'animateur technicien de la jeunesse et de l'éducation populaire) sont le quotidien des Staj locaux, qui annoncent près de 250 stages par an. Des stages qui privilégient les petits groupes afin de favoriser les relations interpersonnelles et où l'organisation se fait en “gestion directe”, pour ne pas dire en autogestion : décisions prises en commun, tâches ménagères effectuées par les stagiaires... Les formés peuvent à leur tour devenir formateurs et ainsi interroger leur propre pratique. Des formations complémentaires (informatique, vie et gestion associative) “sur mesure” peuvent aussi être organisées et proposées aux collectivités territoriales ou aux associations. Le soutien à la vie associative est d'ailleurs l’un des objectifs affichés par le réseau qui peut mener également des études et des recherches sur la question. Éducation populaire et développement solidaireReprésenté entre autres au CNAJEP (Comités des relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d'éducation populaire), au Fonjep (Fonds de coopération pour la jeunesse et l'éducation populaire,) et au Cnepj (Conseil national de l'éducation populaire de la jeunesse), le Staj reçoit le soutien du ministère de la Jeunesse et des Sports, des Affaires étrangères et du Fonds européen pour la jeunesse... Des soutiens qui ont permis notamment aux associations locales de se constituer en structure d'envoi dans le cadre du Service volontaire européen ou SVE. L'échange culturel et transversal tient en effet une grande place dans l'action du Staj. Pour cette raison, le réseau est membre fondateur du Mouvement pour un développement solidaire (www.developpement-solidaire.org). L’association se reconnaît en effet dans la tentative du MDS “de croiser les projets de l'Éducation nationale, de l'économie solidaire et du développement durable”. Déceler les dynamiquesDepuis la “décentralisation” du Staj en 1992, chaque site mène une vie relativement autonome et répond ainsi au souci de “déceler des dynamiques et des potentiels, et de les mettre en valeur”. Grâce à cet “ancrage territorial”, des projets singuliers peuvent voir le jour selon ce qu'apportent jeunes et bénévoles. Les “points rencontres jeunes” par exemple, “espaces de confrontations positives entre le jeune et l'adulte” organisés ponctuellement, ont cette fonction d'accueillir les projets, de favoriser les échanges et de faciliter l'accès à un statut d'acteur. Il s'agit pour l'animateur de se rendre dans des lieux où se réunissent habituellement les jeunes (les abris-bus sont monnaie courante), de récolter les éventuelles demandes, et de trouver les moyens, avec les jeunes, de les concrétiser. Que la demande concerne un local, une sortie ou un séjour à l'étranger, l'accompagnement peut être technique, méthodologique, logistique, médiatique ou encore “conseillique et écoutique”, comme le précise le Staj de Tours. Les formés deviennent formateursExemple de ce fonctionnement ouvert et autonome, le Staj de Tours compte parmi ses anciens animateurs Abdel Bouikelfiden. Venu d'abord suivre des formations Bafa et Bafd, ce dernier a intégré en bénévole, à la suite d'un stage, le groupe interculturel du Staj de Tours. “Il y avait déjà eu des échanges avec le Portugal, raconte t-il. Je suis allé au Maroc chercher des partenaires et aussi dans le but de faire partager ma double culture. Avec l'association Tofola Chaabia (Enfance populaire, ), nous avons organisé sur place une formation Bafa et une formation de directeur. Avec une autre petite association locale de Tiznit, dans le sud du Maroc, nous avons organisé un chantier, un peu sur le modèle des chantiers internationaux, grâce auquel des bâtiments du village ont été retapés, comme par exemple un centre d'hébergement. C'est une collaboration qui a duré des années et qui a permis de nombreux échanges. L'enrichissement réciproque est évident, même dans le cas de l'organisation de simples séjours sans stage. Nous avons d’ailleurs eu une salariée sur cette activité interculturelle qui était allemande.” Abdel est en quelque sorte l' “exemple type” de ce que le Staj attend de ses membres en matière de participation ; après ses activités bénévoles, Abdel a été administrateur puis président du Staj de Tours jusqu'en 2002. Expériences participativesLe principe participatif préside à toutes les activités du Staj. Les points rencontres jeunes, en sont un exemple. Mais dans la mesure où le Staj “envisage la vie associative comme un lieu possible de transformation sociale”, les sites locaux peuvent tenter d'appliquer ce principe participatif à un cadre plus large. À Tours, le Staj organisait en 1998 l'Université du devenir, initiative transversale, où il s'agissait d'ouvrir l'université aux citoyens en faisant échanger ces derniers avec les universitaires... et les universitaires entre eux. En septembre 2006, le Staj de Tours organisera la troisième édition du festival “Débattons dans les rues” (http://debattonsdanslesrues.free.fr) à l'occasion duquel la ville deviendra à nouveau un espace d'échanges et de débats. Il s'agira pour les habitants, comme lors de l'édition précédente où ils avaient pu participer par exemple à des apéros débats dans des lavomatic, de se réapproprier l'espace public dans une ambiance “festipolitique”. Toutes les formes de rencontres et d'échanges sont envisageables pour répondre à la question : “Où est passé l'épanouissement de l'individu qui s'informe, se forme, qui transforme son territoire et son lieu de vie ? Où sommes-nous passés ?”. Les thèmes abordés par les participants peuvent alors aller de la jeunesse et de l'éducation populaire à la consommation et la société de marché, en passant par la culture, l'engagement, la politique internationale... Une initiative inventive et ambitieuse avec pour maîtres-mots la participation et l'émancipation.
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