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Le Fonjep, un quadra en pleine formeLe 19 janvier était organisée, au Conseil économique et social, une manifestation pour célébrer les 40 ans du Fonjep (Fonds de coopération de la jeunesse et de l’éducation populaire), association de soutien à l’emploi associatif, gérant les crédits destinés à la rémunération et à la formation des animateurs professionnels. L’occasion de revenir sur un dispositif exemplaire de professionnalisation des salariés du secteur. Un instrument de professionnalisation de la vie associativeEn 1964, lorsque le Fonjep a été mis en place, les fédérations d’associations de jeunesse et d’éducation populaire se trouvaient confrontées à la nécessaire professionnalisation de leurs activités, les ressources bénévoles ne permettant plus de répondre aux exigences grandissantes des Français en matière de pratiques sportives et culturelles. Cette nécessité se conjuguait au souhait des pouvoirs publics de voir le secteur associatif rester le partenaire central des politiques publiques dans ce secteur. La mise en place du Fonjep a répondu à cette double préoccupation en donnant des moyens aux associations pour embaucher du personnel salarié qualifié et permanent, tout en épaulant le travail militant, dans le cadre d’un dispositif cogéré par les fédérations et les pouvoirs publics. Au-delà de l’apport financier (7 320 € annuels) et de la participation à la formation des animateurs, le dispositif cogéré par l’État, les collectivités locales et les fédérations a pour vocation de développer les pratiques de concertation associations-pouvoirs publics et de contribuer à l’harmonisation des pratiques des associations, en particulier dans les conditions d’emploi du personnel d’animation. Une présence experte sur l'ensemble du territoireAvec un engagement de 44,5 millions d'euros, l'État finance 6 113 postes attribués à 1 053 associations réparties sur l'ensemble du territoire, aussi bien en zone rurale qu'en zone urbaine (y compris dans les DOM-TOM avec 140 postes financés). Parmi les différents ministères membres du Fonjep, c'est le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative qui est le principal contributeur avec 3 376 postes financés ; le ministère de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement en finançant pour sa part 1 690 et le Fasild 500. Ce sont les trois principaux contributeurs loin devant les autres ministères, Écologie et Développement durable (194 postes) ; délégation interministérielle à la Ville (180 postes) auxquels il faut ajouter les 100 postes supplémentaires annoncés par Catherine Vautrin, ministre déléguée à la Cohésion sociale, le 19 janvier) ; Agriculture (107 postes) ; Culture et Communication (25 postes) ; Affaires étrangères (20 postes) ; délégation interministérielle à l’Innovation sociale 17,5 postes) ; Justice (3,5 postes). Actuellement 625 postes Fonjep sont cofinancés par des collectivités locales ou des partenaires privés. Mais, comme le souligne Gérard Sanvicens, président du Fonjep, à côté de ces apports financiers importants, « le Fonjep peut mettre à la disposition des partenaires de la vie associative sur l'ensemble du territoire son expertise de l'accompagnement d'emplois associatifs et de la cogestion des dispositifs ». En cette période de mise en route de multiples formes d'aide à l'emploi associatif dans les régions, cette expérience est une occasion précieuse à saisir. Pérenniser les projets avec des emplois qualifiésLe financement du Fonjep s'inscrit dans une volonté de consolidation des projets associatifs. Par un engagement de principe sur trois renouvelables, il leur apporte une sécurité financière en soutenant des emplois qualifiés pour les mettre en œuvre, et en assurant un contrôle et une évaluation tout au long de leur déroulement. Les collectivités locales qui participent au financement adhèrent également à l’engagement. Pour Grégory Autier, directeur de S3A d’Hérouville-Saint-Clair (http://association.herouville.net/s3a/), association de soutien et d’accompagnement des initiatives associatives locales, « le Fonjep DIV, dont l'association bénéficie, contribue au financement de son propre poste créé, il y a dix ans. La municipalité fournit, dans le cadre des crédits DIV, un financement complémentaire à hauteur de 10 000 euros annuel, le solde étant autofinancé par l’association ». Dans le cas de Temps Jeunes à Lyon (http://www.temps-jeunes.com), organisatrice de colonies de vacances et de formations, deux postes ont été créés : le premier sur la démarche qualité de l’association, lui permettant une évaluation permanente des services offerts à ses utilisateurs ; le second dans le cadre d’une action d’insertion des jeunes handicapés parmi les valides, sur un poste d’interface entre les parents, les associations spécifiques et les structures d’accueil. C’est l’association qui assure le solde du financement du poste, et Jean-Claude Bissardon, son directeur, souligne que l’apport du Fonjep est déterminant, dans le cas du poste consacré à l’insertion des jeunes handicapés, pour pouvoir proposer des niveaux de prestations raisonnables aux parents. Comment ça marche ?La procédure est la même pour tous, mais le circuit d’instruction diffère suivant les cas. Pour une association nationale, comme dans le cas de Temps Jeunes, les demandes ont été déposées directement au ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative. Pour une association locale, comme S3A, la demande a été introduite par la préfecture et la DDJS. Ce sont les services centraux, régionaux ou départementaux de l'administration concernée qui instruisent le dossier, et adressent une notification de poste Fonjep à l'association (cliquez ici pour télécharger un exemple de dossier). Le Fonjep, qui reçoit copie de cette notification, adresse une demande d'adhésion à l'association. Cette adhésion est soumise à plusieurs conditions : gestion démocratique de l'association, absence d'objectif marchand, viabilité économique de l'association. Enfin, l'objet de l'association doit s'exercer dans le domaine de la jeunesse ou de l'éducation populaire, et s'inscrire dans une dynamique de développement de l'initiative citoyenne ou la restauration du lien social. Une fois l'adhésion acceptée, un contrat est adressé à l'association qui devra porter la signature de l'association, celle du ou des cofinanceurs éventuels ainsi que celle du Fonjep. Vu le nombre de postes disponibles, il n'est pas facile d'en obtenir un. Mais comme le dit Jean-Claude Bissardon : « Nous avons eu pour ligne de conduite de ne pas nous décourager. Il nous a fallu deux ans pour obtenir notre premier poste Fonjep et trois ans pour obtenir le second. » Toutefois les situations diffèrent d'un cas à l'autre puisque le poste de S3A a été attribué dès la première demande. Notez encore que l'attribution des postes Fonjep est soumise à une obligation de contrôle et d'évaluation, permettant aux différents partenaires financeurs d'apprécier la pertinence de l'action menée par rapport au projet soutenu. Cette évaluation s'appuie sur une grille d'entretien (voir l'annexe de l'instruction 02-043), ainsi que sur des entretiens menés par les représentants locaux de l'État concernés. Les enquêtes et reportages effectués à l'occasion du quarantième anniversaire du Fonjep et qui sont rassemblés dans un DVD intitulé Projet associatif, projet territorial : 13 partenariats en image (1) démontrent le rôle important que jouent les Fonjep comme facteurs de consolidation du développement local durable dans des situations très diversifiées. Ils peuvent intervenir dans le cadre d'un centre socioculturel d'une zone de montagne (centre socioculturel Les Amis des Bauges), dans le cadre d'un espace public numérique à Paris (EPN du centre social de Belleville ), ou encore comme nous l'avons vu plus haut avec S3A à Hérouville-Saint-Clair et Temps Jeunes à Oullins. Une diversité, preuve de l'efficacité et de la modernité de ce dispositif. http://www.fonjep.org
Pour se procurer le DVD, adressez-vous au Fonjep – 01 43 13 10 30,
e-mail : fonjep@fonjep.org
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