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L’AFEV, pas de quartiers pour les inégalités ! Depuis 1995, l’Afev, l’association de la fondation étudiante pour la ville, s’appuie sur un réseau d’étudiants pour accompagner des élèves en difficulté scolaire ou d’insertion professionnelle et ainsi tisser du lien entre des jeunesses ou des milieux qui ne se croisent pas souvent. Une passerelle pour la réussite, l’échange et la compréhension. Et aussi pour montrer aux décideurs que les jeunes sont une ressource et pas une difficulté.
Etre utileParticiper à une action de solidarité 2 heures par semaine, près de chez soi ou de sa fac, pour accompagner un enfant en difficulté scolaire, l'encourager, lui redonner le plaisir d'apprendre et l'accompagner dans sa scolarité ; devenir volontaire de la santé ; aider un jeune en difficulté d’insertion dans son projet professionnel, c’est ce que propose l’Afev aux étudiants partout en France. Depuis 15 ans, l’association œuvre ainsi contre les inégalités et pour la promotion de la jeunesse comme ressource. Depuis sa création près de 60 000 étudiants ont participé à ce projet dans des centaines de quartiers défavorisés en donnant un peu de leur temps. A ce titre, l’Afev a d’ailleurs souhaité leur rendre un hommage en publiant en janvier dernier, en partenariat avec l’Injep, l’ouvrage « Être utile », un regard sur l’expérience de l’Afev et l’engagement de ses étudiants. Un livre qui fait le point sur le pont que représente l’Afev entre deux jeunesses, celle qui a la chance de faire des études secondaires et une autre exclue, défavorisée, ghettoïsée. Un pont qui passe par un accompagnement non formel, une éducation véritablement populaire, pour transmettre le plaisir d’apprendre, entretenir le dialogue entre des mondes qui tendent à s’éloigner.
Commander le livre sur le site de l'Injep Faire le point pour avancer plus efficacement« Le travail qui a donné lieu au livre était avant tout une enquête que l’on voulait réaliser pour faire le point aprés 10 ans d’existence, explique Nicolas Delesque, le secrétaire général de l’Afev. On s’était en effet aperçu que notre action ne se limitait pas à de l’accompagnement scolaire mais produisait autre chose, du lien social en premier lieu. Par ailleurs, il y avait une nécessité militante : on ne pouvait continuer de se revendiquer de l’éducation populaire sans avoir un regard critique sur notre société. Le véritable point de départ de ce travail est d’ailleurs lié aux élections présidentielles de 2002, auxquelles les jeunes avaient peu participé. Alors, plutôt que de mettre « la génération de l’alternance » en accusation, on voulait mettre en exergue sa formidable énergie et son besoin d’être utile. Son désengagement politique est en effet bien plus lié à la forme de l’engagement politique tel qu’il existe aujourd’hui et à ses problèmes de représentativité. On a donc lancé une grande enquête à ce moment. Tout le monde a été sollicité : bénévoles salariés, partenaires. L’idée était de croiser les regards. Ce travail d’environ 3 ans a finalement donné lieu au livre. Mais au-delà, ce temps d’arrêt pour faire le point nous a également poussé à sortir un journal, « Volontaires » (http://www.afev.org/index.php?nkv=cGFnZT0xMjE=),
à changer nos statuts pour donner une plus grande place au collège de bénévoles, et à élargir notre université d’été, qui était surtout professionnelle, aux bénévoles. C’est aussi à ce moment que nous avons lancé la Journée mondiale des jeunes solidaires en France. » Lutter contre les inégalitésJalouse de ces valeurs, l’Afev a donc logiquement souhaité exprimer sa compréhension des récentes révoltes des jeunes des quartiers défavorisés en lançant une nouvelle campagne : « Pas de quartiers pour les inégalités ! ». Un programme d’actions pour 2006 qui est dans la stricte continuité des actions menées jusque là mais qui marque une réelle volonté politique de ne pas laisser ces événements tomber aux oubliettes. « Cette campagne n’est pas une campagne de recrutement. Des bénévoles nous en avons. Nous voulons surtout ici nous adresser à toute la société pour dire : soit on continue avec 10 % de la population parquée, exclue, soit on décide de faire quelque chose ensemble. » Dans l’appel lancé pour cette campagne (http://www.afev.org/site/article.php?nkv=aWQ9MTkx), le secrétaire général confirme : « les jeunes qui se sont opposés aux forces de l'ordre et ont manifesté en novembre dernier ne viennent pas de nulle part, ni d'ailleurs, ni d'à côté. Ils sont les enfants de la République. Ils sont le produit de notre société. Et, parce qu'ils sont en majorité très jeunes, ils sont aussi le produit de notre système éducatif. Au moment où apparaissent dans les discours, des séparations, voire des ségrégations entre vrais et faux jeunes, entre ceux qui veulent s'en sortir et ceux qui ne le voudraient pas (???), entre ceux qui vont à l'école et ceux qui n'y vont plus, l’Afev souhaite marquer son refus de cette séparation et œuvrer concrètement en poursuivant un objectif : créer du lien social ». 15 ans d’expérienceNée en 1991 dans le cadre d’une politique de la ville encore balbutiante, l'Afev est pensée dès l’origine comme une contribution citoyenne à ces politiques publiques et repose sur la conviction que la jeunesse, fantasmée individualiste, est massivement prête à s'engager contre les inégalités. L’action « Un bon coup de pouce » est d’abord lancée dans 5 villes test (Caen, Marseille, Décine, Ozoir et Villiers), puis 15 l’année suivante pour enfin essaimer l’ensemble des territoires concernés par les inégalités éducatives. Une réussite qui repose essentiellement sur la qualité du lien qui se crée entre un jeune étudiant en voie de réussite scolaire, et un enfant ou un jeune qui rencontre des difficultés. A partir de 1997 des actions sont également engagées sur les questions de santé et d'insertion, et l’Afev s’ouvre à des publics plus spécifiques (enfants nouvellement arrivés en France, enfants du voyage…). S’ancrant définitivement dans le mouvement de l’éducation populaire, l’Afev établit des liens avec les Pupilles de l'enseignement public et la Ligue de l'enseignement.
Aujourd’hui l’Afev représente 5000 volontaires accompagnant 9000 enfants, adolescents et jeunes en difficulté dans 14 régions et 160 villes, en partenariat avec collectivités territoriales, équipes pédagogiques, universités, associations de quartier… Et elle convoite également de s’ouvrir à l’international. Une journée mondiale des jeunes solidairesEn 2003, l’association lance, entre le mois de mars et le mois d'avril, une campagne de promotion du « volontariat étudiant de solidarité » basée sur des débats, des rencontres et des actions pédagogiques, les Solidaires en actions. Dès 2004, cette campagne est labellisée par l’ONU au titre du « Global youth service day », une initiative d’origine américaine qui promeut l’engagement solidaire des jeunes. « Une nouvelle manière de montrer aux décideurs que les jeunes savent s’engager. Il s’agit de le faire reconnaître et ainsi de leur redonner goût à la politique et à la démocratie. » Sur cette action, l’Afev travaille avec d’autres associations proches (le Genepi (http://www.genepi.fr/), UnisCité (Unis-Cité : le volontariat made in USA a le vent en poupe)…), notamment pour faire venir des jeunes du monde entier et permettre d’échanger sur tous les aspects de la vie dans la cité : le social, le culturel… pour choisir son projet de société sans laisser personne sur le côté ». Pour en savoir plus ces journées (cette année, du 29 mars au 16 avril 2006) :
http://www.gysd-france.org/ ou http://www.jeunes-solidaires.org En savoir plus et commander le livre « Être utile » ISBN 2-11-095-658-5, 16 € : http://www.injep.fr/article.php3?id_article=1468 En savoir plus sur l’association :
http://www.afev.org/
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