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Les logiciels libres pour votre association : pratiques et coopératifsOn en parle de plus en plus mais sait-on vraiment à quoi ils correspondent ? Pourtant les logiciels libres sont parfaitement adaptés à l'usage des associations. Développés dans un esprit collectif, gratuit sinon non spéculatif, ils sont aussi performants que les logiciels commerciaux et même plus avantageux à certains égards. Qu'est-ce que le libre ?Contrairement aux idées reçues, « libre » n'est pas toujours synonyme de « gratuit ». Les logiciels libres sont appelés ainsi, car ils sont fournis avec le code source qui a été utilisé pour leur mise au point. Une information qui permet donc à quiconque d'intervenir sur ces programmes, de les modifier ou des les développer, sans obtenir l'autorisation de l'auteur original. Le fait d'être libre n'empêche cependant pas d'être régit par une licence d'utilisation : la plus utilisée est la GNU GPL (general public licence, sur cette question, voir notre article « Des logiciels libres au service des associations » ), qui autorise l'intervention sur les codes sources à condition que l'intervenant accorde les mêmes droits aux suivants... Le libre est donc avant tout une philosophie, opposée à celle qui soutient les logiciels « propriétaires », dont les codes d'accès sont protégés. Fiables et pas chersAméliorés sans cesse par la communauté des développeurs de programmes, qui travaillent souvent bénévolement, les logiciels libres ont donc l'avantage d'être mis à jour régulièrement et gratuitement : ils bénéficient en général des dernières trouvailles technologiques, de la compatibilité avec les derniers formats de fichiers, de l'adaptation aux dernières versions des systèmes d'exploitation. Leur manipulation par des milliers de développeurs augmente aussi leur fiabilité : les failles sont plus rapidement détectées et résolues, ce qui garantie une meilleure sécurité des données. Par ailleurs, le fait qu'ils ne soient pas liés à un seul développeur, augmente leur pérennité. Enfin, l’aspect financier n'est pas à négliger non plus : d'une part, la licence GPL ne restreint pas la diffusion, ce qui signifie qu'il est possible de copier le logiciel sur autant de postes informatiques que nécessaire; d'autre part, la plupart des logiciels libres sont en fait gratuits et légalement téléchargeables sur Internet. Le seul bémol : il faut les trouver, les télécharger et les installer soit même, alors que les logiciels commerciaux sont en général déjà montés sur l’ordinateur que l’on vient d’acheter. Libres pour tout faire !Pour commencer par le commencement, parlons d'abord du produit emblématique du logiciel libre : Linux. Linux est le principal système d'exploitation alternatif aux systèmes d'exploitation marchands, Windows chez Microsoft ou Mac chez Apple. Bien qu'il fonctionne aussi avec une interface graphique sous forme de fenêtres, il est longtemps resté l'usage exclusif des férus d'informatique, car il était nécessaire de maîtriser un peu de langage de programmation pour pouvoir le paramétrer. C'est désormais du passé : Linux est aujourd'hui accessible à tous, grâce à des versions « grand public » et à des tarifs tout à fait abordables (à partir de 45 euros). Avec Linux, il est possible d'installer des suites de logiciels libres selon les besoins et les activités de l’association. Une de ces distributions « grand public », MandrakeLinux, comprend ainsi un pack avec les programmes idéals pour une utilisation bureautique de base : - la suite Mozilla se compose de deux programmes. Le premier est un navigateur Internet, nommé Firefox, fort apprécié des internautes pour son aspect pratique et sécurisé (navigation par onglets, blocage des fenêtres pop-up...) ; le second est Thunderbird, un logiciel de messagerie performant (anti-spam, recherche interne, filtrage et classement des messages...) ;
- OpenOffice est l’équivalent, libre et gratuit, du pack Office de Microsoft : tableur, traitement de texte, présentations, dessin… Ils ont l'avantage de permettre l'enregistrement des documents à des formats compatibles avec les logiciels de Microsoft comme avec ceux d'Apple, ce qui réduit les problèmes de compatibilité.
- The Gimp est un logiciel de dessin et de retouche d'image, à l'instar d'Adobe Photoshop.
Tous peuvent être téléchargés gratuitement et séparément sur Internet et fonctionnent aussi sous Windows et Mac. Mais il ne s'agit que d'un échantillon. Le libre a réponse à tout : travailler l'image, travailler le son, faire du montage, lire de la musique ou des films, écouter la radio, protéger son ordinateur des virus...
Pour trouver le programme idéal, Framasoft propose une logithèque de plus de 1013 logiciels libres. Ils y sont référencés par thèmes, avec des fiches descriptives qui permettent de connaître rapidement leurs fonctionnalités, et des fichiers d'aide concoctés par les internautes utilisateurs, afin de vous simplifier la prise en main ou l'usage de certains outils...
Et pour créer son site ?Les logiciels libres ont investit rapidement les différents aspects entourant la navigation sur la toile, outil vital pour la communauté des développeurs. Avec l'augmentation du débit et les nouvelles possibilités qu'offre le réseau, des tas de programmes (aux noms parfois étranges) sont apparus : filtrage, gestionnaires de téléchargement, chat, éditeurs de blogs, aspirateurs de sites, sniffeurs de réseau... La création et gestion de site Internet ne sont pas en reste : outre les éditeurs de pages html qui vous permettent de concevoir les pages de votre site (à noter l'apparition d'un nouvel éditeur libre très prometteur : NVU, la communauté du libre est à l'origine de l'Internet contributif : des sites qui permettent à des utilisateurs distants de contribuer à leur contenu en ligne. Deux programmes incarnent les deux principales applications de cette idée : - Spip, qui permet à l'internaute, même néophyte, de mettre en ligne des données (document écrits, visuels ou sonores) et de les référencer dans l'arborescence du site, par rubrique ou par mots-clefs. L'accès à l'interface de contribution se fait grâce à l'attribution d'un nom d'utilisateur et d'un mot de passe, ce qui laisse libre le responsable du site de décider des procédures de contrôle des contributions ; accès automatique par simple inscription sur le site ou délivrance des mots de passe après contrôle, validation des articles par le webmestre avant publication ou mise en ligne immédiate, accès à l'ensemble du site ou à une partie seulement... Chaque structure est libre de définir la procédure qui lui convient le mieux.
- Wiki,qui permet de gérer la participation de plusieurs auteurs à l'élaboration d'un même document et d'accéder à l’historique des versions du document. Là aussi, plusieurs applications sont possibles : le wiki peut permettre à un groupe de personnes de travailler ensemble sur un document, sans que celui-ci soit rendu public (en ne divulguant pas l'adresse de la page, par exemple) ou au contraire, il peut permettre de mettre en place un base de donnée ouverte à tous, à l'instar de l'encyclopédie en ligne Wikipédia .
Autant d'outils qui trouvent leur pertinence dans des usages coopératifs qui correspondent bien souvent au souci des associations. Le choix du libreMémoire de travail est un site destiné à rassembler et diffuser des témoignages d'expériences de travailleurs et d'habitants de l'agglomération de Dunkerque. Ce projet, porté par l'association Tec-Criac (Travail et culture) qui travaille sur le développement de projets culturels et d'oeuvres artistiques avec les salariés, les artistes et les acteurs collectifs du monde du travail depuis 1944, a vocation à faire vivre la culture du travail de chacun, dans un bassin d'emploi décimé par la fermeture des industries du primaire. Grâce à Spip, l'association a pu monter un site Internet où les visiteurs peuvent venir mettre en ligne leurs témoignages de manière autonome. En référençant leur article à l'intérieur de l'arborescence du site et en lui attribuant des mots-clefs, ils permettent la navigation du lecteur par différent mode dans le site.
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