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Une école pour trouver un emploiLancées dans un cadre expérimental en 1998, les Ecoles de la seconde chance se multiplient un peu partout en Europe. Destiné à « remettre en selle » des jeunes coupés du monde du travail, elles affichent un taux de sortie positive de 70 %, grâce à une pédagogie individualisée. Les écoles de la seconde chance sont un bel exemple de construction européenne par le bas. Ce dispositif d’insertion a été initié en 1995, suite à la présentation du livre blanc d’Edith Cresson « Enseigner et comprendre. Vers une société cognitive» aux ministres de l’éducation des pays membres. L’objectif de ce dispositif européen de lutte contre l’exclusion est de permettre à des jeunes n’ayant pas le niveau scolaire et les expériences professionnelles nécessaires, d’intégrer un emploi stable ou une formation qualifiante. « Ces structures sont créées ex-nihilo sous une forme associative. La première du genre a été ouverte à Marseille, sous l’impulsion de la Commission européenne et du Maire de la ville Jean-Claude Godin. Néanmoins, au niveau européen, la plupart des structures qui entrent dans le réseau sont des établissements existants. Pour intégrer le réseau, elles doivent absolument s’adresser à un public en difficulté et mettre en place une pédagogie innovante, tout en étant en étroite relation avec le monde économique », explique Olivier Jospin, Directeur de l'école de la seconde chance de Seine-Saint Denis (www.e2c93.asso.fr) Un dispositif européenDepuis 1998, date de l’ouverture de l’école pilote à Marseille (www.e2c-marseille.net), les écoles de la seconde chance se multiplient comme des petits pains. Il existe aujourd’hui une quarantaine d’écoles membres du réseau dans l’ensemble de l’Union européenne (www.e2c-europe.org). Pour intégrer formellement le réseau, les structures candidates doivent répondre aux exigences de la charte, ce qui nécessite bien souvent quelques aménagements de la part des établissements existants. Une condition qui explique qu’un nombre important de structures gravitent autour, sans être encore officiellement intégrées. Les nouveaux pays membres témoignent d’un vif intérêt pour le dispositif et des accréditations devraient voir le jour en Tchéquie et en Pologne. Le succès rencontré par ce dispositif, notamment auprès de structures d’insertion déjà existantes, a conduit les promoteurs européens du projet à faire évoluer les conditions d'intégration, pour permettre à ces dernières de rejoindre le réseau. Aujourd’hui, il s’agit plus de respecter un contenu pédagogique, tandis qu’auparavant, il fallait absolument que les communes accueillant les sites soient investies dans le projet. Le dispositif en FranceUne dizaine d’écoles ont vu le jour en France sur l’ensemble du territoire et de nombreuses structures devraient ouvrir prochainement. « En région parisienne, il devrait bientôt exister une structure dans chaque département. Ce succès s’explique par le fait que nous sommes un dispositif complémentaire aux outils actuel de l’insertion. Il est étonnant de voir qu’il existe un consensus politique sur l’utilité de développer les Ecoles de la seconde chance. Car pour voir le jour, elles exigent des financements communs des régions, des départements, des communautés d’agglomération et des villes, et il n’y a pas forcément une unité politique à la tête de chacune de ces collectivités», poursuit Olivier Jospin. En France, les Ecoles de la seconde chance ont toutes le statut d'association loi 1901. Elles disposent de leur propre réseau pour mettre en commun leurs expériences et sont regroupées autour d’une charte qui garantit le respect de leurs valeurs. « Seules les écoles qui respectent à part entière notre charte sont intégrées, c’est un principe fondamental pour préserver notre identité », précise Olivier Jospin. Par ailleurs, les Ecoles de la seconde chance présentent l’originalité d’associer tous les acteurs du territoire à leur action et, surtout, de disposer d’un réseau très étendu et diversifié d’entreprises sur leur bassin de vie. A titre d’exemple, l’Ecole du 93 dispose d’un réseau de 800 entreprises, principalement des PME ou des TPE. Les comités de pilotage des Ecoles de la seconde chance sont composés de représentants de l’ensemble des collectivités territoriales, des chambres de commerce et d’industrie, des chambres des métiers, de l’ANPE et des organisations patronales locales. Ce sont les membres du comité de pilotage qui assument le coût du dispositif, avec l’Europe. « Les fonds européens vont bientôt se tarir. Il va falloir trouver de nouveaux financeurs et nous espérons que l’état va subvenir à ce manque à gagner au côté des autres collectivités territoriales française, qui sont toutes impliquées financièrement dans les Ecoles de la seconde chance», explique Olivier Jospin. Un seul critère : la motivation !Le principal critère pour intégrer les Ecoles de la seconde chance est la motivation. « Nous sélectionnons des jeunes qui ont eu un déclic, qui ont prit conscience qu’ils avaient un niveau trop faible pour intégrer un emploi stable », poursuit Olivier Jospin. Généralement ces jeunes arrivent à l’Ecole de la seconde chance par le biais des missions locales ou des associations oeuvrant dans le champ de l’insertion. Ils ont entre 18 et 25 ans et doivent être sortis du dispositif scolaire sans diplôme ni qualification depuis au moins deux ans. Il n’est pas nécessaire, au moment de l’entrée dans l’Ecole, d’avoir un projet précis : l’une des ambitions de la structure est de permettre au jeune de construire son projet de vie. A l’Ecole de la seconde chance, aucun programme n’est préétablit et les cursus se construisent au rythme individuel de chaque élève. La durée des cursus peut varier entre six mois et un an : elle dépend du projet de l’élève. Le passage dans la structure se décompose en trois temps : la première étape consiste à faire émerger un projet professionnel et, à ce stade, les stages d’éveil dans les entreprises jouent un rôle fondamental. Dans un deuxième temps, le stagiaire va acquérir les minimums fondamentaux scolaires et les connaissances de base nécessaires pour mener son projet de formation. La dernière phase concerne la réalisation de son projet. Il peut s’agir d’une préformation pour intégrer ensuite, par exemple, une formation qualifiante type BEP. En moyenne, les jeunes adultes restent 10 mois dans les locaux de cette école pas comme les autres, mais cette donnée est très variable, principalement en fonction du projet qu’ils souhaitent réaliser. Certains restent jusqu’à deux ans. Le premier objectif pédagogique de ces structures est de permettre aux jeunes d’acquérir les compétences sociales, comportementales et les savoirs scolaires minimums qui leur manquent pour intégrer la vie active. En règle générale, l’acquisition des savoirs scolaires fondamentaux en français, mathématiques, informatique et culture générale est un passage obligé. Dès son arrivée, la personne est accompagnée dans son parcours d’insertion professionnelle par un tuteur, l’un des formateurs de la structure, qui la soutiendra autant dans la recherche de stages que dans l’élaboration d’un projet de sortie. Une fois sorti du dispositif, le tuteur continue de suivre l’ancien élève pendant un an. Enfin, et surtout, le taux de sortie positive des Ecoles de la seconde est estimé à 70 %. Un chiffre qui recouvre aussi bien les jeunes qui ont signé un contrat de travail de droit commun que ceux qui entrent en formation longue et qualifiante au moment de leur sortie du dispositif. Dans tous les cas de figure, les acteurs de l’Ecole de la seconde chance peuvent se targuer d’avoir réussi leur pari. Les stages : 50% du temps de la formationLes périodes de stage représentent 50 % du temps passé dans l’école de la seconde chance. L’objectif de ces périodes d’immersion dans la vie professionnelle évolue de la découverte du monde du travail jusqu’à la période d’essai d'un CDI. L’Ecole de la Seconde chance fonctionne sur le principe de l’alternance entre des périodes de formations théoriques et des passages au sein de l’entreprise. Les stagiaires effectuent en moyenne 6 à 8 stages dans des entreprises différentes. L’un des objectifs du travail d’accompagnement des tuteurs est d’orienter les projets professionnels des jeunes vers des secteurs qui embauchent, comme le BTP ou la logistique des transports. Pour trouver des terrains de stage et d’éventuels contrats de travail, les Ecoles de la seconde chance puisent dans leurs réseaux relationnels et les tuteurs n’hésitent pas à solliciter les membres de leur comité de pilotage. Les élèves sont rémunérés au minimum 530 euros par mois, pour un temps de formation de 35 heures par semaine. En savoir plus :
Ecole de la seconde chance de Seine-Saint-Denis
Ecole de la seconde chance de Marseille
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