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Quand Renaudot rime avec santéOn ne fait pas le bonheur des gens malgré eux. A plus forte raison dans le domaine de leur santé. Un principe de bon sens, mais aussi une idée pleine d'avenir qui explique l'attrait de plus en plus fort de la santé communautaire, sur les acteurs et les concepteurs des politiques de santé. Une pratique qui fait ses preuves en France depuis des années, sous l'impulsion de l'Institut Renaudot. Des usagers acteurs de leur santéAux sources du concept de santé communautaire figure l’idée selon laquelle les politiques de santé réussissent quand elles associent ceux à qui elles sont destinées. Devant une question comme l’alcoolisme, un système de santé qui ne ferait de place qu’au curatif ou à des rapports individuels médecin-patient trouve vite ses limites. Grâce aux pratiques de santé communautaire, les usagers deviennent des acteurs à part entière du système de santé, « par une participation de la communauté à la fixation des priorités, la prise des décisions et l’élaboration des stratégies de planification », selon la Charte d’Ottawa.
Pour qu’une telle participation existe, il faut commencer par reconnaître les compétences des habitants. Les moyens ? Favoriser l’information, l’éducation à la santé et la formation des acteurs concernés. Un concept propre et innovantUne communauté peut se fonder aussi bien sur l’appartenance à une ville, un quartier, une catégorie d’âge, de sexe, voire plusieurs de ces critères. La santé communautaire n’a donc rien à voir avec les dérives communautaristes, qui ont souvent contribué à en brouiller la signification. Elle n’est pas non plus la politique de santé de l’Union européenne ! Néanmoins, les pratiques communautaires s’y développent, en prenant appui sur le terreau des expériences latino-américaines. C’est donc sans surprise que des textes internationaux, comme la Charte d’Ottawa de 1986, en définissent les principes. La santé y est perçue non comme le but de la vie mais comme une ressource de celle-ci, qui vise le bien être. Elle subit l’influence de facteurs politiques, culturels, environnementaux, etc. Les pratiques communautaires sont un des moyens de la promotion de la santé. Elles permettent d’agir sur ces facteurs, notamment culturels. En effet, on favorise l’« empowerment » des communautés, à savoir le développement des compétences des individus et des groupes en matière de santé, et l'affirmation de leur sentiment d’exercer un contrôle sur leur santés. Transformer les façons d’agirLe développement de la santé communautaire ne peut se faire sans bousculer les usages. Parce que la rémunération des professionnels de santé repose pour l’essentiel sur des actes curatifs, parce que des actions communautaires peuvent nécessiter la mobilisation de secteurs aux organisations hiérarchiques distinctes (santé, éducation, économie) etc., la santé communautaire doit transformer les façons d’agir. Cette idée est au cœur des actions et valeurs de l’Institut Renaudot qui, dans sa charte, s’engage à encourager et favoriser les pratiques participatives, l’accès de tous à la santé, mais aussi le développement d’actions de proximité à l’échelle de villes, quartiers ou bâtiments. Alors que l’Institut Renaudot soutient ce type d’actions depuis sa création en 1982, le législateur s’est montré plus timide. Dès lors, quand la loi du 9 août 2004 sur la politique de santé publique essaie de développer la participation des usagers, l’Institut fait figure de précurseur. C’est donc naturellement que la Direction Générale de la Santé a demandé à l’Institut Renaudot la préparation d’un rapport sur les possibilités et difficultés d’articulation entre cette loi et les pratiques de santé communautaire. Une belle occasion d’aménager à la santé communautaire une place dans le système de santé publique. Quelques actions concrètes de l'Institut Renaudot :Dans le cadre de la Campagne Nationale du Dépistage du Cancer du Sein, l'Institut travaille à l’échelle d’une commune avec des groupes de femmes qui s’impliquent auprès d'autres femmes pour les sensibiliser sur le dépistage. Une démarche co-construite avec les professionnels relais locaux et les habitantes, qui passe par la mise en place de temps de rencontres, la création de supports de communication écrits et visuels. À Bobigny, toutes les étapes de la démarche de définition des priorités de santé a été conduite par les habitants et les professionnels : de la mise au point des méthodes (analyse des besoins, ciblage choix des populations, construction du questionnaire) au recueil de la parole des habitants et à l'analyse des réponses. Le résultat de ce travail commun ? Une vision partagée de la santé, une connaissance réciproque, le respect des intérêts de chacun. L'Institut accompagne des Foyers de travailleurs migrants dans une démarche d'anticipation des conséquences du vieillissement des résidents. Sous la forme d'un diagnostic-action conduit avec les personnels des structures (techniques, administratifs et encadrement), les professionnels socio-sanitaires de proximité et les résidents eux-mêmes, il réfléchit à l'évolution des pratiques et à la construction de réponses adéquates. A lire également : Questions à Marc SCHOENE, médecin de santé publique, président de l'Institut Renaudot
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