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Compagnonnage REPAS : le tour de France du Réseau d'échanges et de pratiques alternatives et solidairesApprendre à travailler autrement, à vivre autrement, en allant à la rencontre d’initiatives alternatives et de leurs acteurs, c’est en substance ce que propose le réseau REPAS (Réseau d'échanges et de pratiques alternatives et solidaires) par le biais de son compagnonnage. Organisé une fois par an de février à juin, ce "tour de France" dans les entreprises du réseau REPAS est destiné non à apprendre un métier mais à transmettre des valeurs au cœur du projet coopératif. De la réflexion au projetDébut 95, quelques entreprises et associations qui se connaissaient ou s'étaient rencontrées dans des réseaux « alternatifs » décident de mettre en place un fonctionnement leur permettant de se rencontrer deux fois par an sur le site de l'une d'entre elles. Ces structures ont en commun l'expérimentation de nouveaux rapports au travail et à l'argent ; on y trouve aussi de nombreuses actions de développement local. L'idée est de fonctionner en réseau informel, sans structure, sans permanent, avec une communication directe entre les acteurs, qui s’appellera plus tard REPAS (http://www.reseaurepas.free.fr/images/REGROUP.JPG
). Peu à peu les thèmes abordés lors de ces rencontres posent questions et seront décisifs dans le choix d’organiser un fonctionnement de compagnonnage : « Quelle culture d'entreprise ? », « La dérive du sens initial », « La formation », « Fondateurs, fondatrices », « Relations groupe/individu », ou « Sur quels critères recrutés ? (affinités culturelles…) », etc. « Nous avions l’idée de trouver des biais pour partager un fond culturel commun et non des compétences, explique Marc Bourgeois, membre du comité de pilotage du compagnonnage au nom de l’entreprise Ambiance Bois (http://www.ambiance-bois.com/). Et puis nous voulions parler de ce que l’on fait, mais de quelle façon ? Le compagnonnage est ainsi apparu aussi comme un biais pour une certaine transmission. Par ailleurs, plusieurs des structures du réseau étaient sollicitées pour donner des conseils, répondre à des questions, des demandes de visites ou de « séjours découverte » de quelques mois dans les structures. Ces demandes étaient et sont toujours régulières chaque année. Mais jusque là le réseau n’avait aucune organisation structurée pour répondre collectivement à ces demandes. » Ouvrir les entreprises et mutualiser les accompagnements
L'idée de proposer un « compagnonnage » se précise et se lance, en direction de personnes qui souhaitent mûrir un projet ou simplement s'évaluer au contact de la réalité et d’autres l'expériences. Le principe est de leur ouvrir les lieux de travail des structures du réseau et de mutualiser leur accompagnement dans le cadre d'un comité de pilotage. Mais pour ce faire, il a fallu résoudre les problèmes de statut, de couverture sociale, de rémunération des compagnons et donc trouver un cadre juridique pour accompagner cette activité. « Nous n’avons pas pu faire exactement ce que l’on aurait souhaité. Nous aurions préféré pouvoir répondre au gré des demandes, faire des entrées et sorties permanentes, tout au long de l’année, sans limite ni d’âge ni de temps. » Le compagnonnage, aujourd’hui, est agréé pour les 18-30 ans comme action pré-qualifiante, dans le cadre du dispositif régional de la formation continue de Rhône Alpes. Il n’est pas un parcours de formation qualifiante ni diplômante, mais plutôt un dispositif d’orientation. Le déroulement du compagnonnageL'information de la proposition de compagnonnage est d’abord diffusée dans les revues comme Silence, Village magazine, Alternatives rurales, Campagnes solidaires, etc. Des affiches et des plaquettes circulent également et toutes les informations sont en outre disponibles sur le site http://www.reseaurepas.free.fr
. Quand des intéressés se manifestent, des dossiers de candidatures leur sont adressés. Une première phase de prise de contact et de lancement de la dynamique suit. « Durant cette semaine et à son issue, certaines personnes se rendent compte que ce n’est pas ce qu’ils imaginaient et ne souhaitent pas continuer, d’autres sont orientées de préférence vers des organismes de formation car leur demande est plutôt qualifiante. » Le parcours commence alors par un mois d’immersion en entreprise. Il s'agit pour le compagnon de partager l'activité d'une équipe et de chercher à en comprendre le fonctionnement. Ce mois est suivi d’un mois d’expérience de groupe action : sous forme de groupes de 4 à 5 personnes qui vont habiter ensemble 2 fois deux semaines, et vont réaliser 2 projets dans deux entreprises différentes du réseau. A cette issue vient une courte période de mise en commun d’une semaine durant laquelle tout le monde se retrouve y compris les personnes membres du comité de pilotage. « Le plus souvent nous organisons une randonnée ballade avec des pauses qui sont l’occasion pour chacun à tour de rôle de raconter son expérience, ses impressions. » C’est également l’occasion de préciser les attentes pour le mois qui suit. Les compagnons ont ici le choix : ils peuvent retourner en immersion en entreprise, mais cette fois en accord avec une recherche identifiée. Les compagnons peuvent aussi choisir de refaire une action en groupe, ou imaginer tout autre chose. Un nouveau regroupement suit afin de dresser un bilan et des pistes pour l’avenir. « Là, soit ils choisissent de s’en tenir là, soit on joue les prolongations (contrat de qualification, stage…). » Un bilan positifLe parcours terminé, différentes situations se présentent : certains continuent dans une démarche de recherche, d’autres reprennent des études en ayant précisé leurs envies, d’autres encore côtoient plusieurs mois ou rejoignent une des structures du réseau et, moins souvent, certains montent leur propre projet. « Ces trois dernières années, des choses intéressantes se sont passées. Il y a eu deux montages de structures : Le Monde à l’envers et le Four banal né très vite à l’issue du compagnonnage. » Par ailleurs, les anciens compagnons ont monté leur propre réseau et se retrouvent deux fois par an sur un week-end, le plus souvent sur un chantier de solidarité et pour échanger sur leur parcours. Pour le moment, huit compagnonnages ont eu lieu de 1997 à 2004 qui ont permis d'accueillir 75 compagnons. La première session a duré 6 mois, les suivantes, 3 mois, avec prolongations contractuelles sur motivation et possibilité. Des trois premières sessions, sur 25 compagnons, 4 ont créé leur activité, 4 sont embauchés dans des structures du réseau, 7 sont salariés dans d'autres structures, 8 se sont engagés dans des formations qualifiantes, 3 sont encore en recherche. Le bilan de cette action est plutôt positif, tant du point de vue des compagnons que des structures, sachant qu'elle ne répond pas forcément à des besoins de recrutement, mais très certainement à un besoin social. « Au fil du temps, nous nous apercevons que ce compagnonnage déborde des motivations initiales en ce sens qu’il apparaît remplir une fonction sociale : une année sabbatique permettant de prendre un recul nécessaire avant une poursuite d’étude par exemple, pour enrichir son expérience humaine. C’est devenu une dimension forte. » Contact :
Centre de formation du réseau REPAS
Le Viel Audon
07120 BALAZUC
Tél. 04 75 37 73 80 / Fax 04 75 37 77 90
Mail : repas@wanadoo.fr
Site Internet :http://www.reseaurepas.free.fr (avec ou sans www.) En savoir plus : - Livre : Quand l'entreprise apprend à vivre, aux éditions Charles Léopold Mayer, 2002, 7,60 €, à commander aux éditions Charles Léopold Mayer, 38 rue St Sabin 75011 Paris (France) - Tél./fax 01.48.06.48.86
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