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Les MJC : la vitalité de l’éducation populaireDans le vaste champ de l’éducation populaire, les différents mouvements regroupant les Maisons des jeunes et de la culture (MJC) occupent une place à part. Issues de la Libération, elles sont regroupées dans deux fédérations marquées par une histoire militante : La Fédération française des MJC et la Confédération des MJC de France (CMJCF). La première fêtera son 60e anniversaire lors de son prochain congrès du 11 au 14 novembre à Nancy. La seconde célèbrera au même moment ses 10 ans d’existence lors de sa « Convention » de Montpellier. L’occasion pour elles deux de se repositionner et de réinterroger leurs pratiques. Deux fédérationsRegroupées à Lyon en octobre 1944 au sein de la « République des jeunes » par André Philip, les structures d’éducation populaire se fédèrent dès 1948. L’impératif de reconstruction de la République, autour de ces « foyers de la nation » que sont ces « maisons de la culture », donne en effet rapidement naissance à la Fédération française des maisons des jeunes et de la culture (FFMJC). Aussi fédérateur que soit l’élan de reconstruction, la juxtaposition de mouvements d’origines différentes est malmenée et en 1969 une première scission divise la FFMJC. Naissent alors les fédérations régionales autonomes et la création d’une seconde structure nationale (UNIREG). Vingt ans plus tard, six autres fédérations régionales quittent à nouveau la FFMJC (création de l’AREGES-MJC). Au terme de quelques années de discussions, les deux structures décentralisées se réunissent pour créer la Confédération des maisons des jeunes et de la culture de France (CMJCF). Les deux fédérations (FFMJC et CMJCF) rassemblent aujourd’hui la plupart des MJC. Une implantation locale« MJC » est un terme générique qui désigne des associations socioculturelles proposant aux habitants de leur quartier, de leur ville ou de leur village (la moitié des 900 MJC et associations locales de la CMJCF, regroupant 464 000 adhérents, sont implantées en milieu rural) des activités sportives, artistiques, des formations, des lieux de réunion, de restauration… Leur mode de fonctionnement peut être divers : Maison pour tous, de quartier, des loisirs et de la culture, Centre d'animation rural, socio-éducatif, Foyer de jeunes, Espace culturel… Quelque soit leur nom, ces structures privilégient l’épanouissement de la personne par l’accès à l’éducation et à la culture, au sein ou hors de leurs murs (pour des activités en pleine nature par exemple). Structuration associative et travail en réseauLes MJC de la Fédération française sont autonomes, dirigées et gérées par un conseil d’administration élu par l’assemblée générale et subordonné à ses décisions. Peuvent y participer des membres de droit (représentants de l’État, maire ou son représentant, chef du service départemental de la jeunesse et des sports…), un délégué de la fédération ou son représentant, le directeur de la maison, mais également des membres associés représentant des mouvements de jeunesse, des associations sportives ou d’éducation populaire ayant leur siège social dans la même ville. On peut ainsi y trouver des parents d’enfants adhérents à la Maison ou des adhérents soucieux du développement des activités du secteur. Agréée par le ministère de la Jeunesse et des Sports et de la Vie associative, la CMJCF est une tête de réseau et un centre de ressources. Elle définit les orientations stratégiques communes, aide les associations affiliées à identifier les nouveaux besoins de leurs différents publics. Elle les soutient et les accompagne dans la construction et la réalisation de projets éducatifs, sociaux et culturels qu’elles conduisent au plus près des habitants, dans une perspective de développement local. Fonctionnant en réseau, les 13 fédérations régionales et leurs associations organisent les échanges de savoir-faire et d’expériences entre toutes les structures. Afin que chacun dispose des moyens d’exercer pleinement sa citoyenneté et participe à la construction d’une société plus solidaire. Des partenariats fécondsLes principaux partenariats de la CMJCF témoignent de cette volonté univoque. Avec, Anima’Fac , ATD Quart Monde, France Nature Environnement, la Ligue des Droits de l’Homme, la Ligue de l’Enseignement, le MRAP…, la CMJCF est partenaire du Cidem (association Civisme et Démocratie).
La lutte contre les inégalités entre les hommes et les femmes, contre les discriminations de toutes sortes, s’exerce également au niveau international, avec la participation de la Confédération au CNAJEP, Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d'éducation populaire. Siégeant au conseil d’administration du Réseau national des juniors associations (RNJA), la Confédération s’implique largement dans ce dispositif balisé, mais souple, qui garantit la liberté d’expression et l’esprit d’initiative des jeunes.
Des partenariats qui n’ont pas de quoi complexer la fédération « historique ». Forte de ses 60 années d’existence, la FFMJC a en effet noué des liens avec les Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (CEMEA), la Fédération nationale des francs et franches camarades (FRANCAS) les Eclaireuses et éclaireurs de France (EEDF), la Fédération nationale Léo Lagrange (FNLL), la Fédération unie des auberges de jeunesse (FUAJ), la Jeunesse au plein air (JPA) l’INJEP… Le CNAJEP, l’UNESCO ouvrent la Fédération à l’international.
Renouveler l’éducation populaireLa Confédération prépare sa troisième « convention », du 12 au 14 novembre à Montpellier. Véritable assemblée populaire, les associations sont invitées par voie de questionnaire à faire remonter leurs préoccupations. Ces retours dessinent un ordre du jour foisonnant : une MJC doit-elle avoir des murs et un toit ou peut-il s’agir de regroupements mouvants de jeunes ? Comment faire face au chômage, à l’intolérance, aux racismes ? Quels besoins et quelles réponses pour la formation des acteurs ? Comment porter une parole forte et claire auprès des pouvoirs publics ? Pour Frédéric Prelle, président de la CMJCF, il est urgent en effet « de réaffirmer notre attachement à « l’éducation populaire », terme dont se défie les instances européennes qui lui préfèrent celui d’« éducation non formelle » http://assembly. coe.int/Documents/AdoptedText/ta00/FREC1437.htm ».
De fait, les MJC ont connu un engouement populaire au cours des années 1960-70 mais n’ont pas toujours su faire face dans les années 1980 à la crise de l’emploi, à l’émergence de nouveaux besoins, de nouvelles cultures. En 1997, la FFMJC prend par exemple ses distances avec l’animation socioculturelle telle qu’elle la pratiquait depuis 20 ans. Les jeunes sont désormais appréhendés, non comme une catégorie naturelle, encore moins comme un problème social à traiter séparément, mais comme une question centrale qui interpelle le mode de développement de notre société. Un espace ressource pour les associations localesAlors que de nombreuses associations se sont montées en dehors de ces structures d’éducation populaires, les MJC ont dû se réformer pour aller à la rencontre des habitants et re-dynamiser les quartiers urbains à partir de leurs équipements socioculturels. Pour beaucoup, cette revitalisation est passée par un partenariat renouvelé avec les associations locales, non pas concurrentes, mais partenaires des MJC. Les associations peuvent y trouver un espace (prêt de locaux par exemple), des services à la carte (reprographie, établissement de feuilles de paie …) et du matériel pour leurs projets, mais aussi des compétences qui leur font souvent défaut notamment en terme d’animation (voir le site du centre de formation des directeurs de MJC, l’INFED http://www.infed.fr/preview/insti_institut.htm). Du fait de leurs relations historiques avec les pouvoirs publics locaux, les MJC sont des lieux privilégiés pour élargir ses partenariats. Les associations locales qui rejoignent les MJC adhérentes aux fédérations peuvent contractualiser plus facilement, se retrouver partie prenante de convention de partenariat, par exemple à l’échelle intercommunale. Certaines MJC ont d’ailleurs développé des fonctions qui en font de véritables structures d’appui à la vie associative locale. De ces liens associations-MJC, émergent des projets mieux adaptés aux attentes des habitants, mais aussi une des facettes du nouveau visage de l’éducation populaire. CMJCF
168 bis rue Cardinet 75017 Paris
Tel: 01 44 85 29 50
Site: http://www.mjc-cmjcf.asso.fr
FFMJC
15 rue La Condamine 75 017 Paris
Tel : 01 44 69 82 25
Site : http://www.ffmjc.org
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