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Voyagez d’accord, mais solidaire !Le tourisme un phénomène de masse aux effets ambivalentsLe tourisme est créateur de richesses. Il représente 12 % du PIB mondial et 8 % des emplois dans le monde (200 millions). Le nombre de touristes est passé de 25 millions en 1950 à 702 millions en 2000. Sa progression actuelle est de l’ordre de 4 % par an. Pour autant tout le monde ne part pas en voyage, et pas seulement dans les pays du Sud : 4 français sur 10 ne partent jamais en vacances. De plus, les migrations et activités touristiques ne sont pas sans effets économiques, environnementaux, sociaux ou culturels et rejoignent souvent la problématique classique des relations Nord-Sud. Au Nord sont concentrés les principaux bénéficiaires de cet essor sans précédent : touristes et industrie touristique. Les pays du sud s'ouvrent de plus en plus au tourisme, secteur créateur d'emplois et fournisseur de devises. Mais l’afflux de touristes a son revers : concentration des infrastructures, hausse du prix de la terre, dégâts environnementaux, concurrence pour certains biens rares comme l'eau, précarité de l'emploi et exploitation de la main d'œuvre, travail des enfants, prostitution etc. Les caractéristiques du tourisme équitableDepuis quelques années, des organisations non gouvernementales, des associations, l'Organisation Mondiale du Tourisme, des gouvernements mais également des entreprises " citoyennes " se préoccupent d'un tourisme qui minimise l’impact sur l’environnement et soit respectueux des hommes et des cultures. En complément de la Charte éthique du tourisme proposée aux professionnels par l’OMT, quelques ONGs françaises ont élaboré une Charte du tourisme équitable tandis que de grands opérateurs du tourisme social en France, regroupés au sein de l'UNAT - Union Nationale des Associations de Tourisme et de plein air - décidaient de s'impliquer directement dans la promotion d' " autres voyages ". Ce nouveau tourisme, équitable et solidaire, se soucie de profiter d’abord aux populations du sud directement concernées et de respecter l’environnement. Il cherche à valoriser ressources et patrimoines locaux (naturel, historique, culturel, etc.). Ce respect s’associe à la volonté de ne pas imposer un modèle économique et de renforcer les acteurs locaux par la formation et la mise en réseaux. Le tourisme devient alors un outil de l’aide au développement pour les pays du sud et d’éducation au développement durable pour les populations du nord. Quelques définitions :Le tourisme durable est défini par l’OMT en 1988 comme une façon de gérer "toutes les ressources permettant de satisfaire les besoins économiques, esthétiques et sociaux et de préserver l'intégrité culturelle, les écosystèmes, la biodiversité et les systèmes de soutien de la vie". Il se doit d’être : - Supportable à long terme sur le plan écologique
- Viable sur le plan économique
- Equitable sur le plan éthique et social pour les populations locales
Le tourisme équitable est une forme de consommation équitable de tourisme. Il est proposé par des opérateurs touristiques, associatifs ou privés, à des voyageurs responsables, et élaboré par les communautés d'accueil, autochtones (ou tout au moins en grande partie avec elles). Ces communautés participent aussi à la gestion de ces services touristiques en limitant au maximum les intermédiaires n'adhérant pas aux principes du tourisme équitable.
Les bénéfices sociaux, culturels et financiers de ces activités doivent être perçus en grande partie localement, et équitablement partagés entre les membres de la population autochtone.
Les associations qui se définissent de tourisme équitable sont censées se soumettre au contrôle de la Plate-forme du commerce équitable. L'écotourisme est « une forme de voyage responsable dans les espaces naturels qui contribue à la protection de l'environnement et au bien être des populations locales » (International Ecotourism society)
Très orientée sur la découverte de la nature cette forme de tourisme, se caractérise part une forte composante d’éducation. Elle est généralement organisée pour des groupes restreints par de petites entreprises locales spécialisées. On trouve aussi des opérateurs étrangers de dimensions variables qui organisent, gèrent ou commercialisent des circuits écotouristiques. |
Une bibliographie sur le tourisme solidaire : http://www.tourisme-solidaire.org/fr/bibliogr.htm Une association de réflexion, d'information et d'action sur le tourisme Nord-Sud : http://www.chez.com/transverses Questions à François Soulage, président de l’UNAT (www.unat.asso.fr )La vogue actuelle pour le tourisme solidaire n’est-elle qu’une mode ? En ce qui concerne les associations qui proposent ce type de tourisme, ce n’est certainement pas une mode. Sans remonter aux associations des années 1960 et 1970 qui proposaient de « ne pas bronzer idiot », le tourisme solidaire trouve son origine dans les mouvements d’aide Nord-Sud et le souci du développement durable. On a commencé par aider à creuser des puits, à installer des pompes, etc. Puis certains, au vu des ressources locales et de l’inégalité des termes de l’échange, ont organisé avec les populations locales le commerce équitable. Enfin, de manière souvent spontanée, d’autres ont perçu au cours de leur séjour les potentialités en termes de tourisme et la possibilité qu’il soit équitable et durable. Les premiers opérateurs ont donc été des petites associations sans salariés en collaboration étroite avec les populations d’accueil du Sud. Certaines associations se sont ensuite mieux organisées, ont embauché des salariés, etc. pour offrir un vrai produit.
Si l’on peut percevoir une mode, c’est peut-être du côté des consommateurs. Le phénomène peut être conforté par la substitution qui s’opère avec le don financier pur et simple : on aide le Sud et en plus on part en vacances…
À l’instar du commerce équitable, ne concerne-t-il que des catégories sociales aisées ?En tout état de cause, il est vrai que ce type de tourisme reste réservé aux catégories aisées, si l’on entend par là une aisance autant culturelle, de mode de vie, que financière. L’argent n’est pas le seul obstacle : on part d’autant plus facilement 2 ou 3 semaines en vacances solidaires que l’on a le loisir de prendre également un mois de vacances confortables et que l’on a la disponibilité d’esprit pour le faire. Comment populariser ce type de pratique ?La popularisation de ce type de tourisme passe par la constitution d’une offre assez diversifiée et professionnelle au Sud et surtout par une meilleure organisation des opérateurs du Nord. Ce sont les coûts d’accès qui sont élevés, beaucoup plus que les coûts de séjour sur place. Il faut notamment concentrer l’offre sur quelques partenaires aériens pour atteindre des volumes significatifs donc des coûts réduits. En ce qui concerne la professionnalisation, il faut préciser qu’elle ne peut être réalisée qu’en s’appuyant sur les bénévoles. Le bénévolat reste très important dans le domaine du tourisme solidaire et il explique que les coûts de ce type de vacances ne soient pas trop élevés.
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