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STRASBOURG
Ville et internet: Strasbourghttp://www.mairie-strasbourg.fr/ Dès 1995, alors que la ville décidait de remettre au goût du jour l'éducation populaire, elle eut l'intuition politique de s'interroger sur les conséquences sociales des nouvelles technologies.
Pour éviter que la mutation annoncée n'exclue les jeunes des quartiers populaires, il fallait leur donner l'occasion de s'approprier ces nouveaux outils.
La municipalité dirigée par Catherine Trautman (deuxième mandat de 1995 à 2001) était probablement la seule ville de France où l'on trouvait un maire-adjoint chargé de l'éducation populaire, Jean Claude Richez, c'est sûrement pour une grande part grâce à la conviction de ce professeur d'histoire qui souhaita développer une procédure expérimentale de rénovation et d'actualisation des programmes de l'éducation populaire, que ce dispositif fut mis en place. La question du multimédia et d'Internet est abordé non pas en terme de technologie ou de tuyau mais en terme d'usage.
Pour ce faire Jean-Claude Bournez fut embauché pour mettre en place ce programme et diriger l'équipe qui a créé les cybercentres, le Service J.E.P. http://www.mairie-strasbourg.fr/jep/
c'est 70 agents répartis dans 3 pôles. Leurs missions : Favoriser l'autonomie et l'expression des jeunes, développer l'Education Populaire et mettre en œuvre une politique transversale de la jeunesse. L'Education Populaire constitue un enjeu en terme d'accès à la culture, au savoir, à l'information, et à la formation, dans l'intérêt de la pratique de la démocratie et de l'exercice de la citoyenneté. - Le pôle Jeunesse Animation est chargé de l'expertise des projets associatifs et de leur financement, de la maîtrise d'ouvrage des animations événementielles.
- Le pôle Ressources centralise toutes les opérations d'ordre technique, financières et humaines nécessaires au fonctionnement du service JEP.
- Ces cybercentres,
http://www.cybercentre-strasbourg.org/cyber/site.htm
espaces grand public et gratuits d'accès au multimédia ont Chacun a une fonctionnalité différente : bureautique pour le Neuhof, création artistique pour la Galerie à l'En-Verre et soutien scolaire à la Meinau. Devant l'engouement des jeunes pour les sons et les images animées, ont été créé par la suite deux nouvelles structures plus spécialisées : La Maison de l'image et son programme d'ateliers audiovisuels, et les studios Crica (Centre de ressources et d'initiatives culturelles et artistiques), consacrés à la musique et aux cultures urbaines. "
ce dispositif a permis l'émergence d'une scène musicale multimédia qui a organisé son premier festival « Rézolutions »en décembre 2000 ou des rendez-vous comme Cité jeunes, ville en projet, qui livre la place Kléber aux nouvelles technologies et à ses acteurs durant trois jours au mois de mai.
L'engagement de la ville en faveur de la diffusion des nouvelles technologies a porté ses fruits puisqu'elle est aujourd'hui débordée de tous les côtés par le dynamisme des cyberacteurs locaux.
Les quatre cybercentres ont été conçus et mis en oeuvre à partir de 1997. Parallèlement à cette démarche engagé par la ville, s'est constitué un réseau citoyen associant l'ensemble des centres socio-culturels. Ce réseau vise au développement d'un maillage local des lieux d'accès publics à Internet et au TIC(Technologies de l’information et de la Communication). Un second réseau du même type réunit depuis fin 1999 l'ensemble des antennes de la mission locales pour renforcer l'accès au net pour les publics en difficulté. Il s'attache plus particulièrement à développer l'aspect emploi/formation jusqu'alors peu présent dans les projets des points d'accès.
La situation de la vie associative est un peu particulière en Alsace, puisqu'elle bénéficie d'une législation particulière, différente de l'ensemble du territoire français.
Les grandes associations d'éducation populaire traditionnelles sont faiblement représentées dans la région, sauf la fédération des centres sociaux. François Micucci (coordinateur de la Fédération des centres
Sociaux du Bas rhin) dans l'interview qu'il nous a accordé montre bien l'importance de cette implication politique forte de la municipalité, cette implication a des répercussions également sur des associations qui ne se considèrent pas comme rattachées à l'éducation populaire comme « l'Absurde ». http://www.absurde.com/ Cette association strasbourgeoise pourrait faire figure de référence pour la promotion de la création numérique. Depuis six ans, huit passionnés de musiques électroniques ont entrepris de faire découvrir ces œuvres numériques qui les émeuvent. Des raves clandestines jusqu'au festival « Rézolutions » organisé avec la Ville, l'histoire de l'association est aussi celle de sa professionnalisation. Puisque le droit local associatif l'autorise, Absurde est gérée comme une entreprise. Création de sites, organisation de spectacles, animations visuelles, réalisation d'habillages sonores ou transmission d'émissions en direct sur le Web sont autant d'activités commerciales destinées à garantir l'indépendance de la structure.
Mais c'est dans des initiatives plus décalées que s'exprime son militantisme : des soirées qui cultivent le mélange des genres, un site qui propose 150 heures de musique en MP3 ou l'inclassable émission réalisée en collaboration avec la maison de l'image. LES CYBERCENTREShttp://www.cybercentre-strasbourg.org/ - La maison de l'image
http://www.images-strasbourg.org/
est la structure d'éducation à l'image de la municipalité, dirigée par Edith Farine, c’est un des 4 cybercentres. Elle a ouverte ses portes en mai 1999,orientée sur la communication sociale elle met à disposition du public les outils et les moyens nécessaires à la maîtrise de l’image audiovisuelle et informatique, à l’accès à ses codes et ses modes de fabrication. La maison de l’image dispose de compétence professionnelles, de matériel, de poste individuels de visionnage, ainsi que d’une vidéothèque et d’une petite salle de projection. Elle propose diverses formules d’initiation à la culture de l’écran, , à la fabrication de l’image et à la réalisation de projets audiovisuels, cinématographiques et multimédias.
Elle réunit trois partenaires:
· la ville de Strasbourg,
· l'association Vidéo Les Beaux Jours,
http://www.images-strasbourg.org/introduction/version_html/vlbj.htm la Coopérative régionale de Cinéma Culturel Ils ont décidé de mettre en commun leurs moyens et leurs compétences au service d'un projet d'éducation à l'image. Elle propose dans un espace de 300 m2 un ensemble de services et d'outils de réflexion destinés à favoriser une approche critique et civique des images face à leur omniprésence et à leur pouvoir croissant. La Maison de l'image est un centre de ressource libre d'accès qui veut favoriser la circulation des œuvres, des publics et des idées, un espace qui vise à susciter le plaisir et la curiosité pour les images. Elle propose également une programmation hebdomadaire sur Canal Info Strasbourg, première étape d'un canal local d'expression citoyenne. Les émissions télévisées sont réalisées par les jeunes et pour les jeunes strasbourgeois afin qu'ils ne soient plus simplement consommateurs d'images mais aussi producteurs d'images, de sons, de sens. La maison de l’image de Strasbourg est un des rares lieux en France qui permet d’associer, éducation aux médias audiovisuels, création d’image, culture numérique. Cette expérimentation de production d’images par des jeunes pour le canal local de télévision est presque unique en France. Le cybercentre du quartier du Neuhof, quartier populaire connu pour ses difficultés sociales et économiques. Il est intégré au sein d’une maison de l’insertion et du développement économique et relié à un centre de formation ainsi qu’a la mission locale.
Ces caractéristiques l’orientent vers des applications relatives à l’insertion professionnelle (logiciel de bureautique, traitement de texte, modélisation de cv…)
L’équipement est utilisé par une association spécialisée dans la formation durant les heures ouvrables, en dehors il est affecté au cybercentre. Les enfants du quartiers sont accueillis le mercredi après-midi pour utiliser des logiciels éducatifs.
Le cybercentre de la galerie de l’En-verre dans le quartier de la gare de Strasbourg, lieu de grand passage (ligne de tramway et galerie commerciale) est orienté vers la création artistique et culturelle (outils bureautiques classiques, logiciel de graphisme et de composition musicale) Le cybercentre de la Meinau se localise dans le sous-sol de l’école de la Canardière. Il est consacré au soutien scolaire. Mis à disposition des enseignants et des élèves dans la journée, il est ouvert aux habitants du quartier en dehors du temps scolaire. Ce mode de fonctionnement permet d’optimiser les compétences et de décloisonner les activités des quartiers. Un coordonnateur des cybercentres est rattaché au service jeunesse et éducation populaire, plus un technicien de maintenance et 13 animateurs en technologies de l’information et de la communication.
Les animateurs ont été recruté sur trois critères :
-leur appartenance à un quartier populaire
-leur difficultés d’insertion professionnelle (pendant 2mois un conseiller Mission locale a été détaché à mi-temps pour leur recrutement)
-leurs aptitudes pour l’animation, plutôt que leurs connaissances en informatique.
Tous ont bénéficié d’une formation de 210 heures sur les techniques du multimédia. En outre le processus de formation est continu, puisque prés d’un tiers de leur temps est consacré à l’auto formation. Le principe de gratuité a été retenu afin que l’aspect économique ne soit pas pénalisant, tant pour l’utilisation du matériel et les connexion, que pour l’assistance apportée par les animateurs.
Le club des cybercentres, créé pour répondre aux demandes d’utilisation plus intensive fait l’objet d’une cotisation annuelle de 60 F.
La ville a positionné les cybercentres comme des espaces d’accueil du plus grand nombre, mais avec des règles de fonctionnement claires.
·L’inscription et la prise de rendez-vous sont obligatoire pour accéder aux activités, une heure par semaine de réservation possible pour Internet, deux heures par semaine pour les autre activités.
·Un poste est réservé pour la consultation de messageries électroniques, accessible sur inscription pour une durée de 20 minutes par jours.
·L’impression de documents est possible (mais limitée) Le fonctionnement et la pratique des animateurs des cybercentres garantit à chaque usager un accueil et une assistance personnalisée , ainsi que la régulation des usages et de l’accès (pratiques libres).
Outre les initiatives individuelles, les cybercentres proposent aussi :
·Des initiatives groupées
·Des « mises au net » qui sont des réunions d’information qui se font généralement en collaboration avec des partenaires (chambre de consommation d’Alsace, maison des associations) par exemple sur le commerce électronique, les jeux en ligne.
·Des participations à des manifestations comme la fête de l’Internet Une analyse des publics et usages réalisée fin 1998 (1) font état d’une fréquentation très importante et de publics et d’usages différents suivant les sites.
Le public touché se situe dans une tranche d’âge large de 7 à 70 ans avec une prépondérance pour les 8 à 22 ans.
Les usages les plus fréquents restent l’initiation à l’informatique, l’accès au net, l’acquisition de connaissances concernant certains logiciels, l’utilisation de la bureautique (taper son cv…) des dérives par rapport aux objectifs de départ ont été observées dans l’utilisation des jeux et du « chat », essentiellement par les jeunes.
Quelques tensions font s’interroger les animateurs : « les mêmes ont tendances à revenir, squattant le lieu ou jouant les incrusts gênant l’accès des néophytes » Ces tensions tiennent essentiellement au fait que les usagers passent naturellement, dès qu’ils sont initiés, d’une logique d’initiation à une logique soit de formation (notamment au Neuhoff qui a une vocation de formation professionnelle, soit de consommation de service dont ils ont fait l’apprentissage « on a vu le cas d’une jeune fille qui vient très fréquemment au cybercentre de la gare pour communiquer avec des amis canadiens . Idem encore au cybercentre du Neuhof, ces chômeurs qui viennent aussi souvent que possibles se former aux outils bureautiques, sans compter les scolaires qui utilisent le centre pour taper leurs devoirs ou rapports. » La logique suivie par les cybercentres et poursuivie par les réseau citoyen sont inspirées par les idées de l ‘éducation populaire : « favoriser l’accès aux savoirs et à l’éducation hors système scolaire » en partant du postulat « que le partage des savoirs et leur acquisition à travers l’éducation, est plus que jamais une des conditions de la démocratie. Le champ de l’éducation a dépassé le cadre de l’école et de la famille pour se développer tout au long de la vie. Il s’agit de donner à tous , et plus particulièrement à ceux dont les attentes n’ont pas été comblées par l’école, les moyens de continuer à se former hors l’école. ce rôle incombe à l’institution publique » même si le renouveau de la loi sur la formation permanente et l’éducation tout au long de la vie peine à se mettre en place, l’ex municipalité de Strasbourg aura tenté de mettre ces idées en pratique.
Ce réseau de cybercentres publics ne serait rien si son existence n’avait pas déclenché celle du réseau citoyen qui implique l’ensemble des centres socio-culturel de la ville, de plusieurs associations et celui des antennes de mission locale de Strasbourg qui s’est ouvert fin 1999. LES ANTENNES DES MISSIONS LOCALEShttp://www.mlstrasbourg.asso.fr/ Son personnel est constitué par un coordonnateur de borne multimédia des antennes mission locale rattachées à la mission locale de Strasbourg et des agents d’écoute et d’aide à l’insertion.
Les missions locales ont utilisé leur ressources internes en personnel et n’ont pas procédé à un recrutement spécifique. Des agents d’écoute et d’aide à l’insertion (emploi-jeune) ont été formés au multimédia. La définition et la mise en place empirique du projet et des animateurs qui le font vivre, l’ampleur du dispositif, ont suscité le besoin de formaliser cette expérience : un titre professionnel a donc été validé : animateur en technologie de l’information et de la communication (niveau IV). La création d’un diplôme universitaire est en projet. Les 14 antennes de mission locale se donnent un double objectif : renforcer les lieux d’accès au net pour les publics en difficulté ; développer l’aspect thématique emploi formation peu présent jusqu’alors dans les points d’accès (site ANPE, candidature spontanées, contacts entreprises) La Fédération Nationale des centre sociaux n’a pas répondu
spontanément au questionnaire e.pop, des lors nous avons contacté directement la fédération locale du Bas Rhin.La fédération est un élément du réseau citoyen qui prolonge l’action de la ville.
Les Centres sociaux, il en existe près de 1300 en France, alors il est normal que chacun ait eu l'occasion d'en voir, ou au moins d'en entendre parler. Mais les Centres sociaux ne sont pas toujours bien connus.
Implantés au coeur des quartiers, dans les villes et en milieu rural, ils adhérent à la Fédération nationale des Centres sociaux. Ce sont des lieux d'animation sociale et culturelle ouverts à tous les habitants. Chacun peut y trouver des activités et des services dans les domaines les plus variés : insertion, loisirs, logement, garde d'enfants, etc.
Un Centre social est donc un équipement collectif et polyvalent pour les habitants du voisinage. Ce sont des équipements de proximité qui s'inscrivent dans une tradition et qui ont un projet. Depuis leur création, à la fin du siècle dernier, les Centres sociaux ont eu pour objectif prioritaire de faire participer les habitants à l'amélioration de leurs conditions de vie, au développement de l'éducation et l'expression culturelle, au renforcement des solidarités, à la prévention et la réduction des exclusions. La spécificité du Centre social réside ainsi dans la participation des habitants à son élaboration et à sa gestion. Dans un contexte largement dénoncé de “ fracture sociale ”, les Centres sociaux, parce qu'ils sont implantés dans les quartiers et les zones les plus sensibles, sont, partout où ils existent, un des maillons essentiels dans la lutte au quotidien contre l'exclusion. Si, de plus en plus, ils sont parfois obligés de travailler dans l'urgence et le déplorent les Centres sociaux souhaitent avant tout inscrire leur action dans la durée. Leur objectif permanent est la recherche du mieux vivre dans la cité et ils sont fiers de se définir comme des lieux de citoyenneté. Chaque Centre, parce qu'il est enraciné dans la réalité locale, a son identité propre, mais il fait partie d'un réseau qui souscrit aux références et aux exigences communes que nous avons rapidement décrites ici. Ce réseau est constitué de près de 900 Centres sociaux regroupés par 39 fédérations ou regroupements, départementaux ou régionaux, adhérents à la Fédération des Centres sociaux et socio-culturels de France.Les premiers Centres sociaux sont nés à la fin du XIX è siècle dans la banlieue de Londres, où des pasteurs et des universitaires s'établirent au milieu des catégories les plus pauvres du prolétariat industriel qui y étaient reléguées. Ils appelèrent « settlements » leurs établissements et cela reste le terme consacré au plan international. Très vite, des initiatives semblables se multiplièrent aux Etats-Unis et en Europe. En France, ce sont les résidences sociales, en particulier la Résidence sociale de Levallois-Perret qui s'imposera comme le pivot et un peu la référence du genre, sans doute du fait de la personnalité de sa directrice, Marie -Jeanne Bassot (1876-1935). En 1922, une vingtaine d'établissements se regrouperont pour créer la Fédération des Centres sociaux de France. Peu nombreux entre les deux guerres (à peine une soixantaine au lendemain de la seconde guerre mondiale), les Centres sociaux connurent leur véritable essor à partir des années 1960. On comptait 211 Centres regroupés dans la Fédération nationale en 1960, 400 en 1970, 1000 en 1980. Leur développement est lié au phénomène des grands ensembles et à la mutation du monde rural. Les Caisses d'allocations familiales et la Mutualité sociale agricole ont joué un rôle déterminant dans ce développement. Mais les Centres bénéficièrent surtout de la dynamique associative qui se manifesta à cette époque dans tout le pays. Actuellement, plus de 70 % des Centres sociaux regroupés par la FCSF sont gérés par des associations indépendantes. Si, dans les années fastes, une dominante socio-culturelle est apparue, à partir du milieu des années 1980, avec la récession économique, les aspects insertion, social et santé sont redevenus prioritaires. L'ouverture à l'économique marque l'évolution récente des Centres dont la démarche s'inscrit désormais dans une problématique de développement local. Tout le monde, sans distinction d'âge, de race ni de situation sociale peut venir dans un centre social Cependant, chaque Centre est aujourd'hui amené à considérer certains groupes comme prioritaires, parce que plus fragiles, plus démunis, plus menacés : familles monoparentales, personnes âgées, adolescents ou jeunes en difficulté, chômeurs, immigrés.
Mais ces priorités ne constituent pas des exclusives. Les Centres sociaux refusent de devenir des ghettos pour publics en difficulté. Comparés à d'autres dispositifs où les personnes sont étiquetées en fonction de leur travail (ou de leur non travail), le Centre social n'est pas un lieu culpabilisant. On y parle d'abord épanouissement, promotion, citoyenneté. Alors que pousser certaines portes peut être un geste parfois stigmatisant, celles d'un Centre social sont si souvent ouvertes et pour des causes si diverses (culturelles, ludiques) que les personnes se sentent préservées dans leur dignité. Que trouve-t-on dans un centre social ? De tout !. Depuis le groupe de scrabble qui se réunit tous les mardis à 19h 30, jusqu'à l'atelier d'insertion qui a généré plusieurs emplois, en passant par les femmes-relais, l'alphabétisation, les cours de cuisine, le centre de loisirs sans hébergement, le foyer des jeunes, un atelier de création-couture, un service de proximité, une halte-garderie, la rédaction du journal du quartier, etc, etc. Ouvert à toute attente et à toute proposition des habitants, le Centre social répond en priorité aux nécessités de la vie quotidienne qui peuvent être prises en charge dans le cadre du voisinage. En particulier, les problèmes de santé, de gestion du ménage, la formation et l'information des habitants, l'accès aux administrations, les tâches éducatives de la famille, les problèmes du troisième âge, etc. Il est le lieu traditionnel d'intervention des travailleurs sociaux. S'il est utilitaire par vocation première, le Centre social n'exclut de son champ d'action ni les loisirs, ni la culture, ces activités correspondant à des besoins d'épanouissement personnel qui, aujourd'hui plus que jamais, sont légitimes. Un Centre social n'existe que par l'équipe qui le fait tourner. Plus ou moins importante selon la taille du Centre, cette équipe est toujours composée de bénévoles et de professionnels salariés. Ces bénévoles sont des habitants du quartier, usagers du Centre social qui sont devenus acteurs de son fonctionnement ou de sa gestion. Chaque Centre social est en effet géré par un conseil d'administration dont la majorité des membres, hommes ou femmes, sont de simples habitants du quartier. Pour qu'il y ait Centre social, il est donc indispensable que les habitants soient plus que de simples clients de services ou d'activités conçus, décidés, animés ou gérés par d'autres. Par ailleurs, chaque Centre social fonctionne sur un principe dit d' animation globale. C'est l'animation globale qui donne à la polyvalence du Centre tout son sens, sa vraie dimension. Elle se caractérise par la prise en compte de l'ensemble de la problématique sociale locale. Grâce à elle, le Centre social n'est pas une simple juxtaposition de services, d'activités, d'actions. Il existe entre elles un lien, un fil conducteur. La commission Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication-NTIC a été chargée d’élaborer le projet “ Réseau Citoyen Multimédia ”. Elle est chargée de coordonner l’action de ces animateurs. Elle doit également, en s’appuyant sur un tuteur de professionnalisation, mettre en œuvre le dispositif de formation qualifiant de ces animateurs. (1) « les cybercentres de la ville de Strasbourg » Serge Pout-lajus et SophieThévant in « ouvrir la société de l’information à tous. Observation et analyse d’usage des réseaux »
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