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Université d’été du sport : L’action des associations sportives d’éducation populaire est elle encore légitime ?

Organisée, du 1er au 3 juillet, par l’Ufolep et l’Usep à Bombannes (Gironde) sur le thème : « Sport : l’association hors jeu ? », la 11ème Université du Sport (http://www.ufolep.org/ufolep/ufolep/cadre_ufolep.htm?actualites.htm), inaugurée par le ministre des Sports, Jean-François Lamour, a réuni plus de 200 personnes autour des questions de l’infidélité sportive, de la décentralisation, de la professionnalisation ou de l’engagement des bénévoles.

Avec 400 000 licenciés, l’Union française des œuvres laïques d’éducation physique (Ufolep) est la première fédération affinitaire de France. L’Union sportive de l’enseignement du premier degré (Usep) est la première fédération sportive scolaire avec 800 000 licenciés âgés de 4 à 11 ans. http://www.ufolep.org/ufolep/index.html

Ces deux fédérations proposent une conception alternative du sport : un sport pour tous, de loisir où la compétition n’est pas bannie tant qu’elle est saine, amicale, formatrice et désintéressée. Intégrées dans les instances du mouvement sportif et impliquées dans la production de documents pédagogiques, elles agissent au quotidien pour promouvoir les valeurs citoyennes du sport et faire évoluer les pratiques vers une approche plus civique, plus éducative, plus sociale. Depuis 1993, elles organisent l’Université du Sport, ouverte aux chercheurs, aux professionnels et aux bénévoles du secteur qui souhaitent réfléchir ensemble sur les grandes questions du secteur.

Sports : l’association hors jeu ?

Après avoir abordé la question de la violence et du sport et celle de la mixité des publics dans la pratique sportive, l’Université du Sport a choisi d’évoquer l’avenir de l’association sportive dans une société qui, dit-on, serait de moins en moins encline à l’engagement et au bénévolat et dont la pratique sportive serait plus « nomade » et moins encadrée.

Si cette pratique repose encore essentiellement sur le secteur associatif (près de 15 millions d’adhérents), il semblerait que le sport « hors structure fédérale » se développe de plus en plus du fait de l’apparition de publics nouveaux plus dispersés et autonomes d’une part et d’autre part de l’émergence d’une offre d’encadrement plus souple et plus individualisée par des organismes privés.

Depuis les années 80, la succession des modes sportives (planche à voile, roller, stretching…), la consommation croissante d’articles et de services sportifs, la réduction du temps de travail, combinée à l’accentuation de la décentralisation, ont élargi la palette des pratiquants (ils seraient 25 millions actuellement).

Face à ces phénomènes sociologiques et structurels, l’Université du Sport a cherché à répondre à la question : l’association est-elle toujours le cadre idéal à la pratique d’un sport ? En quoi peut-elle constituer un plus ?

Une mission reconnue par l’Etat

En inaugurant les travaux de l’Université, Jean François Lamour (http://www.ufolep.org/ufolep/lamour2003.pdf) a réaffirmé l’importance des associations comme lieu d’un engagement citoyen et rappelé que le sport est une excellente école de la vie. Il a confirmé la volonté du gouvernement de soutenir le secteur associatif :

  • en créant des centres départementaux de ressources et d’information pour les bénévoles (CRIB) pour conseiller les responsables associatifs en matière administrative, financière ou juridique et leur libérer du pour développer leurs projets associatifs ;

  • en appuyant la professionnalisation du secteur sportif : mobilisation du Plan sport emploi, création d’un contrat d’insertion dans la vie sociale pour favoriser l’engagement citoyen dans le secteur associatif sportif ;

  • en adaptant les formations pour l’accueil et l’encadrement sportif et en instituant un brevet professionnel « garant d’une plus grande adaptabilité ».

De nouveaux défis à relever

Cette université a été l’occasion de rappeler que les associations doivent relever quatre grands défis pour conserver leur place dans l’éducation et la citoyenneté.

Un défi politique car si elles reçoivent délégation de certaines missions de service public, les associations et les fédérations doivent affirmer leurs valeurs et leurs orientations avec force pour se faire accepter comme une des composantes du champ politique associées à la gestion, aux négociations et aux décisions, du local au national.

Un défi culturel ensuite, dans la mesure où les associations permettent l’apprentissage de la mixité, de la négociation…, et participent à la consolidation de la citoyenneté globale lorsqu’elles s’assument comme lieu de démocratie. Elles doivent veiller à respecter les valeurs qu’elles promeuvent et à accepter les remises en cause, le renouvellement régulier des responsables et la transparence des décisions.

Un défi économique encore, puisque si les associations sont maintenant des employeurs et des agents économiques locaux significatifs, cela impliquent que bénévoles et professionnels prennent la mesure des responsabilités nouvelles qui leur incombent et que les fédérations se mobilisent pour leur donner les moyens de les assumer. L’augmentation des appels d’offre locaux amènera inévitablement à la confrontation avec le secteur marchand, ce qui doit pousser les associations à adopter des règles de rigueur budgétaire, de transparence et de pédagogie dans la présentation de leur projet.

Enfin un défi éducatif puisque l’on sait que la présence des associations au sein de l’école permet aux élèves mettre en œuvre des projets dans un cadre démocratique les initiant ainsi à des comportements citoyens. On voit l’importance qu’il y a à maintenir et développer cette présence, et à les associer toujours plus étroitement aux projets pédagogiques.

En s’adaptant à de nouvelles donnes

Mais pour répondre à ces défis, les associations doivent aussi prendre en compte l’évolution des comportements et des modes de consommation, l’infidélité sportive pouvant être lue de différentes manières.

Certes on ne peut que constater, en particulier chez les plus jeunes, la montée d’une certaine forme d’individualisme qui débouche sur une volonté de « choisir », de ne pas « se laisser imposer » tel ou tel discipline ou manière de la pratiquer. De nombreuses associations se sentent dépassées par ce refus de la contrainte, cette envie de consommation directe, une offre de sports et de loisirs de plus en plus diversifiée.

Mais elles doivent aussi s’interroger sur leur mode de fonctionnement et sur la manière dont elles accueillent les nouveaux pratiquants en particuliers les plus jeunes d’entre eux. Quelle place leur réservent-elles dans leur organisation ? Comment leur permettent-elles de s’insérer dans les débats et les décisions ? Quelle importance accordent-elles à leurs demandes et à leurs propositions ?

Autant de questions que les associations devront savoir traiter si elles veulent demeurer attractives face au secteur marchand qui propose des offres variées et alléchantes, mais dont les prix laissent au bord du chemin sportif la « demande non solvable » de très nombreuses familles incapables de supporter ce coût.

Aux pouvoirs publics de prendre en compte la valeur ajoutée associative face aux entreprises privées et d’en tenir compte dans l’élaboration et la mise en œuvre de la réglementation.

Aux associations de proposer des réponses aux nouvelles demandes, grâce à leurs bénévoles, à leurs professionnels, à leurs valeurs et à leur capacité d’innovations, et de créer les conditions d’une pratique démocratique des sports dans la mixité sociale. Le fondement de l’éducation populaire.


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