Web Sourd, le moyen d’expression d’une communauté linguistique et culturelle. La langue des signes est le socle de développement d’une culture des sourds et jusqu’à la fin des années 70, elle est interdite en France, elle n’est reconnue officiellement qu’en 1982, grâce à l’impulsion d’un fort militantisme des sourds et des parents d’enfants sourds, qui se sont battus pour la reconnaissance de cette langue à l’école et dans tous les milieux socioculturels.
Vingt ans de combat, non sans excès, et avec des antagonismes qui n’existent plus aujourd’hui d’une manière aussi forte… La génération militante a réussi à faire reconnaître la langue des signes par les pouvoirs publics. Aujourd’hui, il y a un consensus entre ceux qui considèrent la LSF comme une véritable langue qui doit se développer en tant que telle et qui est le vecteur d’une culture, et les oralistes qui considèrent la langue des signes uniquement comme une technique permettant aux jeunes sourds de s’intégrer, de communiquer entre eux et d’avoir accès à la connaissance et aux savoirs. Aujourd’hui, Michel Dupoirieux dit être rarement confronté à un rejet à propos de Web Sourd et de son projet pour la prise en compte de la LSF comme vecteur de communication privilégié. Les porteurs du projet Web Sourd considèrent qu’il est essentiel que chaque acteur du monde de la surdité puisse développer un projet comme Web Sourd. En choisissant de privilégier la LSF comme vecteur principal de communication, ils mettent l’accent sur le visuel, même s’ils souhaitent par ailleurs rester ouverts à l’ensemble des problématiques de la communauté et de la population sourde. De plus en plus utilisée en communication interpersonnelle au sein de la population sourde, la LSF représente aujourd’hui une composante clef de la lutte contre l’illettrisme et contre l’échec scolaire chez les sourds.
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