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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le commerce équitable :

Comment les organisations de commerce équitable apportent-elles aux producteurs un support financier ?

Beaucoup de petits producteurs et paysans du Tiers Monde n'ont pas accès au crédit. Les organismes du commerce équitable leur offrent des possibilités de financement et de pré-paiement des récoltes, ou les mettent en contact avec des sources potentielles de financement. Alors que la plupart des importateurs attendent de 60 à 90 jours pour payer leurs fournisseurs, les organisations du commerce équitable fonctionnent avec un système de pré-financement qui permet aux producteurs d'avoir suffisamment d'argent pour payer le matériel et les besoins élémentaires pendant la production.

Comment les organisations du commerce équitable, apportent-elles un soutien technique aux producteurs ?

Les organisations du commerce équitable apportent également aux petits producteurs des informations sur les marchés, sur les produits consommés, sur la gestion de leur production. Dans une logique totalement opposée à ce qui est pratiqué par les grosses firmes, les organisations du commerce équitable établissent des relations sur le long terme avec les petits producteurs et les aident à s'adapter aux nouvelles tendances du marché qui les concernent.

Un produit équitable, c'est quoi ?

Quatre critères de base donnent un caractère "équitable" aux produits :

1. Le nombre d'intermédiaires doit être limité : les produits sont achetés le plus directement possible à des petits producteurs organisés sur une base collective, par exemple des coopératives villageoises. Cela permet aux producteurs d'éviter la pression des intermédiaires.

2. Le prix d'achat doit être "juste" : il doit permettre au producteur d'atteindre un niveau de vie décent. Il se compose le plus souvent : d'un prix minimum garanti (qui ne varie pas en fonction de l'offre et de la demande, ni des cours de la bourse, ni des pressions liées à des pratiques locales - par exemple, des artisans obligés de vendre leurs produits à des prix très bas pour garder le marché offert par l'intermédiaire - ), et d'un montant de solidarité supplémentaire qui peut éventuellement s'y ajouter. Ce prix équitable est toujours plus élevé que celui du marché, et cela, quelles que soient les fluctuations des cours.

3. La production peut être pré-financée : les producteurs peuvent bénéficier d'un préfinancement partiel de la production alimentaire ou artisanale, ce qui leur évite de devoir s'endetter auprès d'usuriers.

4. Les relations contractuelles doivent être durables : des relations contractuelles de long terme lient les partenaires du Nord et du Sud. Pour le café labellisé Max Havelaar, les importateurs sont invités à s'engager pour un an minimum, renouvelable.

Pour résumer, un prix équitable est un prix acceptable à la fois pour l'acheteur et pour le vendeur, et qui permet au producteur de bénéficier des avantages suivants :

  • un accès au marché
  • une rémunération du travail qui soit juste et qui permette un développement durable des producteurs, de leurs familles et de leurs communautés
  • une relation commerciale qui valorise les producteurs et promeut le respect mutuel
  • une amélioration des conditions de travail, la possibilité d’avances de paiement
  • des produits à un prix juste : un prix qui couvre le coût de production, incluant le coût social et environnemental. Il doit assurer aux producteurs un niveau de vie décent et une marge destinée aux investissements. Dans le cas de denrées primaires, comme le café ou le cacao, dont les cours sont fixés sur des bourses internationales, le mouvement du commerce équitable paie le prix international plus une marge supplémentaire.

Les produits équitables sont-ils plus chers que les produits traditionnels ?

Le fait que les petits producteurs soient rémunérés suivant un prix "juste" signifie qu'ils sont payés à un taux supérieur à celui du marché. En effet, les prix du marché ne leur permettent pas de faire face à leurs besoins élémentaires. Aussi, le dispositif du commerce équitable entend les payer suivant "un prix équitable" leur permettant de couvrir ces besoins élémentaires.

Mais, payer les producteurs à un prix "équitable" ne signifie pas que cela va coûter plus cher au consommateur : dès lors que le système du commerce équitable vise à réduire au maximum le nombre d’intermédiaires, et à travailler en direct avec les producteurs, il permet simplement de réduire les coûts et d'allouer un pourcentage plus élevé aux producteurs.

Nombreux sont en réalité les produits extrêmement compétitifs, comme c'est le cas des bananes portant le label "commerce équitable" et vendues depuis peu aux Pays-Bas et en Suisse. L’absence d'intermédiaires dans la chaîne de distribution couplée à la précieuse contribution des volontaires du mouvement explique aisément ce genre de performance.

Qui sont les producteurs ?

Il s'agit d'associations de producteurs, de coopératives, d'ateliers protégés, d'organismes publics, d'entreprises privées et, de plus en plus souvent, de groupes du Nord dont la production s'inscrit dans l'économie sociale. Tout groupement se conformant aux critères décrits plus haut est un partenaire potentiel du mouvement du commerce équitable. Toutefois, pour être accepté, il doit être en mesure de proposer un produit commercialisable à un prix raisonnable et en quantité suffisante. L'EFTA (Association européenne du commerce équitable) importe actuellement des produits de 800 partenaires commerciaux situés dans 45 pays du Sud - ce qui représente 800.000 familles de producteurs soit cinq millions de personnes environ.

Les producteurs bénéficient d'un accès direct au " marché des échanges équitables " de l'Union Européenne, qui leur ouvre souvent la porte au marché général. Ils sont assurés de recevoir un prix juste et décident librement de la manière dont la surprime sera distribuée dans l'intérêt de leurs communautés. Les producteurs ne commercialisent habituellement qu'une petite partie de leur production dans le cadre du partenariat du commerce équitable, le solde étant écoulé aux conditions courantes. Même s'il ne couvre qu'un pourcentage limité de la production, le versement d'un prix équitable engendre la hausse des cours : en effet, lorsque les organisations du commerce équitable achètent une partie de la production à bon prix, les stocks disponibles pour les négociants s'en trouvent réduits, et ceux-ci, sont obligés d'offrir davantage. Ce phénomène a été clairement observé dans le secteur du miel au Mexique, du cacao en Bolivie et du thé au Zimbabwe.

Le versement anticipé d'une partie du prix par les organismes du commerce équitable revêt également une importance cruciale pour les petits producteurs. Ils peuvent acheter des intrants et passer la saison sans avoir recours à des prêteurs. La stabilité liée à la garantie de paiement par anticipation ou immédiatement à la livraison est également très appréciée.

De nombreuses organisations du commerce équitable proposent aussi, aux producteurs, des services de formation et d'assistance. Ces derniers apprennent à mieux connaître un système commercial qui leur paraissait très complexe, cette familiarisation constitue un avantage supplémentaire. Des cultivateurs de café de Tanzanie, par exemple, parlent désormais de la Bourse de Londres ou de New York en connaissance de cause, et en sachant à quel point elle peut influencer leurs conditions de vie.

Quelques définitions :

Produits éthiques :

désignent les produits dont les producteurs ont accepté de respecter un ensemble diversifié de contraintes de nature sociale (paiement d'un salaire minimum, non recours au travail infantile, autorisation des syndicats, etc.), environnementale ou financière (répartition des bénéfices au profit de la collectivité locale ou des salariés, ou sous forme de prêts sans intérêt destinés à créer de nouvelles activités, etc.) et qui, de ce fait, sont vendus avec un surprix que les acheteurs acceptent de payer pour manifester leur accord avec ce type de contrainte. Les produits éthiques sont, dans leur quasi-totalité, produits dans des pays du Tiers-Monde, et la charte qui énumère les contraintes est destinée à favoriser un modèle de développement respectueux des travailleurs, de la collectivité et de l'environnement. Il s'agit, au fond, de montrer que, à travers une relation marchande, d'autres objectifs que ceux d'un enrichissement personnel des propriétaires de l'entreprise peuvent être recherchés. La commercialisation de ces produits s'effectue généralement dans des boutiques spécialisées (Artisans du monde, OXFAM, Body Shop...).

Équité :

désigne une situation dans laquelle chacun dispose des mêmes chances au départ. L'équité n’est pas l'égalité. L'équité implique que chacun dispose des mêmes atouts, l'égalité qu'il en fasse le même usage. L'équité s'intéresse aux situations de départ (accès à l'école, aux soins, à la formation continue, etc.), l'égalité, aux situations d'arrivée (niveaux de revenu, de patrimoine, de chômage, d'espérance de vie, etc.).

Accords de libre-échange :

au prétexte du développement économique et de l'emploi, les grands pays n'ont pas renoncé à signer un Accord Multilatéral sur les Investissements (AMI) qui donnerait tous les droits aux investisseurs et imposerait tous les devoirs aux États. Devant la pression de l'opinion publique et de la mobilisation militante, ils ont dû abandonner leur projet de négocier cet accord dans le cadre de l'OCDE, mais la discussion reprend dans le cadre de l'OMC. Les USA, mais aussi la Commission européenne, poursuivent leur croisade libre-échangiste en poussant à la création de nouvelles zones déréglementées, au niveau continental ou intercontinental (projet du Partenariat Économique Transcontinental -PET-, entre l'Europe et l'Amérique du Nord). "Raccourcissement des délais, rétrécissement des distances, disparition des frontières : mais pour qui ? L'abolition de l'espace, du temps et des frontières créé, certes un village mondial, mais tous les individus ne peuvent pas en faire partie. L'élite mondiale rencontre peu de frontières, mais pour des milliards d'êtres humains, les frontières sont toujours aussi infranchissables."
(Rapport mondial sur le développement humain. PNUD, 1999)

Spéculation :

la spéculation est à l’origine des grandes fluctuations du prix du café. Ce sont les bourses de New York et de Londres qui déterminent les prix. Pourtant, le café est cultivé exclusivement dans les pays du Sud. Plus de 5 millions de petits producteurs et d’artisans bénéficient du commerce équitable. En Europe, le café équitable est distribué par l’intermédiaire de plus de 35.000 points de vente, sous 130 marques différentes. On y trouve aussi du chocolat, du thé, des bananes, du sucre, du jus d’orange, du miel et de l’artisanat certifiés équitables.

Le commerce équitable vise à équilibrer les échanges commerciaux entre les petits producteurs du Sud et les consommateurs du Nord. Pourquoi ? Parce que ces échanges s'effectuent au désavantage des petits producteurs de matières premières. Les petits producteurs cultivent la terre, fournissent le travail et la main d'œuvre bon marché, récoltent les produits et effectuent parfois même une première transformation, alors que les pays importateurs accaparent, via les multinationales et avec un immense profit, le fruit de ce labeur. Ce commerce inégal oblige les pays du Sud à recourir à l'aide internationale et à l'emprunt pour subvenir aux besoins de base de leur population. Ce cercle vicieux crée une dépendance des pays producteurs face aux pays consommateurs, un rapport de force qui ne permet pas, à court ou à long terme, le développement durable des communautés du Sud. Le commerce équitable veut mettre fin à cette exploitation des travailleurs du Sud en les traitant en partenaires et non en subordonnés.


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Face à la pression du commerce mondial… Une réponse : le commerce équitable.
Le commerce équitable en marche
Du consommateur au consom'acteur
Pour un commerce équitable : le monde n'est pas une marchandise
Des sites sur le commerce équitable :
Outils éducatifs et promotionnels :
Des livres sur le commerce équitable
La charte pour le commerce équitable


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