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Face à la pression du commerce mondial… Une réponse : le commerce équitable.

" La notion de commerce équitable est apparue, et s'est progressivement précisée, dans les pays occidentaux au cours des quarante dernières années, en réaction à un processus de prise de conscience du fait que les bénéfices de la croissance des échanges et du commerce ne sont pas nécessairement partagés de manière équitable par tous les pays ni par toutes les couches de la population.

L'objectif du commerce équitable, c'est aussi que le prix payé aux producteurs assure à ces derniers une rémunération qui soit proportionnée aux compétences mises en œuvre, au travail effectué et aux matières utilisées, c'est-à-dire une part adéquate du bénéfice total. La solution généralement adoptée aux fins de cet objectif par les parties concernées consiste à s'entendre sur le paiement d'un prix équitable, négocié cas par cas. Dans le cas des produits dont le prix fait l'objet d'accords internationaux (par exemple le café ou le cacao), un prix minimum est fixé de telle sorte que les producteurs réalisent un bénéfice supérieur à celui correspondant aux prix du marché mondial. Ce système permet aux intéressés d'améliorer les systèmes de production et les conditions de travail, ce qui est bon pour les agriculteurs et les travailleurs en général, ainsi que pour l'environnement.

Grâce au commerce équitable, les producteurs des pays en développement vendent leurs produits à des prix plus rémunérateurs et ils sont mieux placés pour trouver de nouveaux débouchés. Le commerce équitable a ainsi pour finalité de contribuer à l'établissement des conditions propres à élever le niveau de la protection sociale et environnementale dans les pays en développement. [...] Le commerce équitable ambitionne de créer les conditions du nécessaire rattrapage, en favorisant sur le terrain une croissance économique saine et durable. Il espère aussi réduire quelques-unes des inégalités apparues pendant les dernières décennies entre les pays industriels et les autres à mesure que les prix des produits de base, notamment agricoles, baissaient en monnaie constante. " (Source : Commission des Communautés européennes, Communication de la Commission au Conseil sur le commerce équitable, Bruxelles, 29 novembre 1999. )

" 56 % de la population mondiale vit actuellement dans la pauvreté : 1,2 milliard de personnes vivent avec moins de 1 dollar par jour et 2,8 milliards vivent avec 2 dollars par jour ". Tels sont les chiffres alarmants récemment publiés par la Banque Mondiale dans son enquête menée sur une période de 10 ans. La mondialisation financière comme celle de la production ont accru les déséquilibres tant entre pays riches et pauvres qu’à l’intérieur des pays : le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) le rappelait dans son dernier rapport de cette année : 1,3 milliard d’habitants des pays les plus pauvres sont 86 fois moins riches que les Américains. Ce rapport était de 22, il y a 20 ans.

Au Sud, les salariés comme les petits producteurs ou les artisans indépendants sont soumis à une concurrence désormais mondialisée. Le développement des " zones franches " (zones où sont supprimés impôts et droit du travail) accentue le nivellement par le bas. Les matières premières qui font vivre une grande partie des salariés et des producteurs du Sud, voient leurs cours sur le marché mondial s’affaiblir d’année en année. Pour les producteurs, la pression des intermédiaires (multinationales, commanditaires, groupes industriels) se fait de plus en plus forte : les prix et les conditions d’achat sont imposés. Pression encore plus forte pour les petits producteurs qui n’ont pas d’accès direct au marché mondial. Dans ce contexte, ces derniers fabriquent des biens dans des conditions de travail souvent inhumaines, voire d’esclavage. Les conséquences sont également catastrophiques pour leur environnement social, économique, écologique et culturel.

Pour réintégrer l’Homme au centre de l’économie, et lutter ainsi contre la pauvreté, le commerce équitable est aujourd’hui une alternative crédible. Visant à établir un rapport d’échanges satisfaisants pour tous du producteur au consommateur, le commerce équitable est fondé sur les principes suivants :

  • Assurer une juste rémunération du travail des producteurs et artisans les plus défavorisés, leur permettant de satisfaire leurs besoins élémentaires : santé, éducation, logement, protection sociale…
  • Garantir le respect des droits fondamentaux des personnes (refus de l’exploitation des enfants, de l’esclavage…)
  • Instaurer des relations durables entre partenaires économiques
  • Favoriser la préservation de l’environnement
  • Proposer aux consommateurs des produits de qualité.


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Le commerce équitable en marche
Du consommateur au consom'acteur
Pour un commerce équitable : le monde n'est pas une marchandise
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