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Associations, mode d'emploi


En savoir plus sur les télévisions de pays et des quartiers, état des lieux, pratiques actuelles des membres de la fédération.

La Fédération "Les Vidéos des Pays" est née au cours de l'été 89, forte d'une trentaine de structures, ce mouvement a pris son essor depuis le milieu rural pour s'étendre aux quartiers urbains. Dans la diversité de leurs formes et de leurs moyens, toutes s'emploient à mener recherches et actions pour favoriser la communication de proximité.

Leurs productions témoignant de l'évolution des réalités locales sont diffusées par tous les moyens (télé-brouette, réseau câblé, antenne collective, fenêtre sur France 3, prêt et dépôt de cassettes).

En 1993, la fédération avait demandé à la direction de la recherche de l’INA d’étudier les perspectives d’un développement cohérent et les orientations possibles du point de vue des modes de production et de diffusion des structures membres. Cette étude fut réalisée par Guy Pineau avec le concours de Muriel Couton et de Pierre Corset. Cette étude, photographie des structures adhérentes de la fédération présentait dans ses conclusions trois scénarios prospectifs de l’évolution de la fédération :

  • Un lieu de rencontre et d’échange pour les producteurs en région.
  • La mise au point d’un label des producteurs locaux.
  • Une mise en acte de la légitimité de la communication locale de proximité.

Patrick Champagne dans la préface notait que “ ces vidéos des pays se rencontrent particulièrement dans des régions en crise ou dans celles qui, comme la Bretagne, possèdent une forte identité. La dimension locale de ces réseaux permet l’erreur, la recherche, l’expérimentation, l’ouverture, bref ce qu’on peut appeler de manière non péjorative le bricolage qui est une source importante du changement . Mais elle permet aussi d’être en prise plus directe avec une population connue autrement que par des sondages d’audience abstraits qui réduisent le téléspectateur en simple source de profit. ”

Le paysage audiovisuel français se singularise par le mépris affiché par les législateurs de droite ou de gauche, pour la reconnaissance d’un espace public d’expression et de communication audiovisuel de proximité, à l’exemple de nos voisins Belges, Allemands, Britanniques, de nos cousins canadiens voire des USA.

Les télévisions de proximité sont montées par des associations dans les villes et les quartiers. De telles télévisions sont avant tout un lien entre les habitants.

Les programmes sont réalisés par les habitants souvent en collaboration avec des professionnels et présentent la vie locale. Le local n’est pas seulement localisme, retour narcissique sur soi-même, mais une dialectique de l’autre. Car faut-il le rappeler, la télévision est d’abord locale, puisqu’elle est née dans tous les pays sur un territoire relativement restreint avec un public plutôt confidentiel...

Ces télévisions s’inscrivent dans un vécu, dans un espace, tentent de montrer ce qu’il y a d’universel dans la vision locale de l’expression d’un groupe. Elle contribue à l’animation et à la communication locale et par-cela au développement en donnant une image du local qui ne soit pas localiste.

Le local n’est pas qu’une structure de rationalité administrative, c’est aussi et d’abord une structure d’appartenance émotionnelle où la notion de "chez soi" s’oppose au "dehors", où l’intérieur ne prend de sens que par l’extérieur.

Il existe plusieurs façons de diffuser une telle télévision :

La "télé brouette"

Le magazine est dupliqué sur une cassette vidéo et diffusé régulièrement dans les lieux publics (marché, "lavomatic", place de village, écoles, cinémas...). Il est également possible de donner ou vendre les cassettes directement aux habitants.

L'accès public sur le câble.

Les villes câblées peuvent mettre un canal à la disposition des associations de la ville, dans le cadre de la liberté d'expression, situation très rare en France.

La télévision hertzienne

Elle nécessite des autorisations parfois complexes à obtenir. En France, le CSA peut accorder des autorisations ponctuelles (la télé d'un festival...).

Les antennes collectives

Chaque immeuble est relié à une antenne collective qui permet une diffusion facile. En effet, les boîtiers de connexion d'antennes collectives comportent plusieurs entrées et il suffit de connecter à l'une d'elles la sortie antenne d'un magnétoscope réglée sur une fréquence judicieuse pour que les téléviseurs disposent d'une chaîne supplémentaire. Dans ce cas, l'autorisation dépend du propriétaire ou des copropriétaires.

La meilleure solution...

C'est souvent un savant dosage des diverses solutions précédentes qui permet de proposer une télévision la mieux adaptée à la ville, au quartier, ou au groupe d'immeubles. Les adhérents de la fédération utilisent l’un ou l’autre de ces moyens, certains diffusent des programmes sur France 3 ou d’autres chaînes hertzienne sur le câble ou par satellite, françaises ou étrangères.

Le financement de ces structures provient de plusieurs sources : des subventions les plus souvent modestes et des recettes résultant d'une activité professionnelle de production parallèle à cette animation vidéo où l'investissement militant est une caractéristique toujours prépondérante. En effet, très souvent les activités militantes et professionnelles s'épaulent réciproquement, et constituent une sorte d'hybridation de fonctionnement, pour développer une communication locale.

Dans le contexte de développement marchand du secteur audiovisuel ouvert par les mutations des années 80, le schéma actuel dominant, le plus commun est celui d'un petit noyau de permanents salariés impulsant une activité bénévole autour d’eux.
On rencontre fréquemment parmi les permanents" des contrats de type contrat-emploi-solidarité, contrat de formation, stagiaire d'école audiovisuel, ainsi que des emplois-jeunes.

L'articulation entre association VDPQ et structure de production permet de jouer sur certains emplois salariés soumis au régime des intermittents du spectacle et de dégager du temps bénévole, pour les activités de communication locale. On constate une grande intelligence d'adaptation des structures qui jouent sur la palette des différents dispositifs de traitement social du chômage des jeunes et des adultes, des possibilités que donne la loi, et des autres formes de précarisation du travail, des métiers du spectacle et de la culture.

À la fin des années soixante, les pratiques de vidéo légère se sont développées en France s'appuyant sur la mobilité et la maniabilité d'outils jusque-là réservés aux professionnels. Des groupes exclus d'un système de télévision nationale "descendant" où le pluralisme était le plus souvent pris en défaut ont développé des interventions locales. De nombreuses initiatives qui recouvrent les dimensions politique et culturelle se font l'écho de mouvements nés dans les années soixante-dix et quatre-vingts : conflits sociaux de toutes sortes, luttes féministes, mouvements antiracistes, mouvements alternatifs psychiatriques ainsi que des démarches liées à ce que l'on a appelé " l'art vidéo ".

Les vdpq se considèrent comme un instrument de lutte contre le sentiment d'échec, le manque de dynamisme et comme moyen de participer à une démarche de développement, du plateau de Millevaches aux banlieues et aux villes.

Il y a dans cette démarche le souci d'une valorisation de la population concernée en réaction à l'image que donnent d'elle les médias officiels. Les banlieues populaires, les zones de dépeuplement liés à l'exode rural ou au désastre économique ne se satisfont plus de l’image renvoyée par les caméras des grands médias nationaux.

Le plus souvent, il s'agit à travers la vidéo de proximité et de production locale de poursuivre d'une autre manière la pratique d'une citoyenneté de proximité.

Cette citoyenneté implique le dépassement d'une télévision miroir, narcissique au profit d'une télévision de débat ou le téléspectateur devient acteur. En quelque sorte une télévision de réflexion.
Ces démarches visent au renforcement de l'identité de l'aire concernée par l'évocation de l'actualité et l'histoire du terroir.
On voit ainsi se développer un véritable travail sur le passé (témoignages des anciens, images de traces retrouvées), sur sa ré-appropriation.

Bien souvent cet effort de compréhension renvoie à l'actualité, à une mise en perspective. L'ouverture vers l'avenir est plus présente dans les pays où la vidéo locale accompagne des projets de développement. Le souci de formation est très souvent pris en compte, soit que la structure se fasse directement et officiellement lieu de formation, soit que cette formation résulte d'un compagnonnage, sur la pratique audiovisuelle. En effet, ce type de structure, est une chance d'accéder à l'audiovisuel offerte à des catégories de population dont l'héritage socioculturel ne favorise pas l'accès aux médias traditionnels. Ainsi des jeunes gens ont-ils pu se diriger vers des métiers de l'audiovisuel ou des métiers de l'animation en utilisant le savoir faire acquis dans les structures VDPQ.

Il y a dans cette fonction latente de certaines associations comme une voie d'accès détournée pour ceux dont le destin social ne s'inscrit pas dans la reproduction, que le milieu audiovisuel le plus souvent parisien (80 % de la production est située en région parisienne) favorise tant. Ainsi à travers le travail mené par Tregor Vidéo ou Canal Nord dans la banlieue d'Amiens et dans bien d’autres associations, des professionnels de qualité ont pu se former.

L'intérêt d'un tel itinéraire est évident : lien avec la réalité du terrain, solidité de la vocation professionnelle (il y a de nombreux obstacles à franchir) capacité d'adaptation aux diférents métiers (polyvalence est la règle générale dans ces structures) et dans le meilleur des cas résistance au modèle médiatique dominant. Enfin et pour s'en tenir à l'essentiel, on peut noter que se perpétue le projet d'une télévision alternative, c’est-à-dire se voulant en rupture avec les modèles médiatiques dominants.

Certaines structures vidéo remettent en question la notion même de télévision locale au profit d'un territoire alternatif. Ce qui devient déterminant dans ce cas, ce n'est plus la dimension strictement territoriale, mais une autre proximité où la distance est compensée par les TIC qui favorisent un lien au-delà du local sur une base affinitaire.


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Introduction
La TNT : définition et principaux avantages
Intervention de Dominique Baudis
Les revendications des télévisions associatives
En savoir plus sur les televisions des pays et des quartiers
Bibliographie


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