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Les revendications des télévisions associatives

À l’appel de la Fédération Nationale des Vidéos des Pays et des Quartiers (FNVDPQ), plus de 120 participants ont pris part aux travaux de la première université européenne des télévisions des pays et des quartiers du 15 au 17 novembre 2001 à Castres (Tarn, France).

25 télévisions étaient représentées parmi lesquelles, des membres de la FNVDPQ ainsi que d’autres structures s’inscrivant également dans le mouvement du tiers secteur audiovisuel. L’université a accueilli en particulier Clot RTV (Barcelone, Catalogne, Espagne) et TéléTambores (Maracay, Venezuela).

Au cours des tables rondes et des ateliers, plus de 50 intervenants se sont exprimés, représentant les acteurs de la télévision associative : militants, étudiants, chercheurs, partenaires techniques et représentants de l’Etat (DDM, CSA).

L’université a accueilli au cours de sa deuxième journée, l’allocution de monsieur Dominique Baudis, président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel.
La spécificité des télévisions de pays et de quartiers

Les télévisions associatives réunies ont affirmé partager :
- Leur attachement à des principes de fonctionnement démocratiques
- Leur souhait de mettre en œuvre la participation la plus large des usagers à leurs activités
- Leur volonté de promouvoir les conditions utiles à un meilleur développement de la liberté de communication, notamment dans le domaine de l’expression de proximité

Au sein de ces télévisions associatives, les télévisions de pays et de quartiers affirment leur volonté de contribuer par leur fonctionnement à l’appropriation par les habitants d’une partie de l’animation et de la communication sociale locale. Plusieurs d’entre elles proposent également des services de proximité ou la mise à disposition de nouveaux moyens d’expression.

Les télévisions de pays et de quartiers partagent les objectifs du tiers secteur audiovisuel pour l’obtention d’une autonomie et d’une indépendance par rapport aux grands groupes audiovisuels et aux pressions commerciales ainsi qu'aux différents pouvoirs politiques…
Une grande diversité qui rend compte de la richesse des différentes réalités locales

C’est la volonté d’animation et de communication sociale qui unifie les télévisions de pays et de quartiers. Pour s’adapter à la diversité des réalités locales rurales et urbaines, il est indispensable qu’elles puissent conserver une grande diversité de contenus, de moyens de diffusion et de modes d’intervention et de financement.

Diversité des contenus :

Les télévisions de pays et de quartiers considèrent que l’expression des contenus éditoriaux est l’aboutissement des démarches d’action de terrain.

À ce titre, les contenus reflètent la diversité géographique, thématique et sociale des réalités rencontrées.

Diversité des moyens de diffusion :

Aujourd’hui, 8 moyens de diffusion sont déjà utilisés par les télévisions de pays et de quartiers, beaucoup les panachent pour bénéficier simultanément des avantages de chacun.

Seuls, 4 sont reconnus officiellement comme mode de diffusion et ouvrent droit au statut d’éditeur/diffuseur : Câble, télévision hertzienne, Télévision Numérique Terrestre, Satellite. Les 4 autres, particulièrement efficaces dans le travail de proximité, ne permettent pas d’obtenir ce statut. Il s’agit de : la diffusion publique, également appelée “ télé brouette ”, la distribution de cassettes, la diffusion par antennes collectives, la diffusion sur Internet.

Les moyens de diffusion ne sont cependant pas neutres et structurent le travail de proximité réalisé par les télévisions. Par exemple : les diffusions publiques facilitent une appropriation collective et une réflexion sur les contenus par le public. La diffusion par antenne collective facilite une délimitation plus précise de la zone de réception, permettant l’expression de certains habitants qui souhaitent que leur parole soit diffusée uniquement dans une zone où le contexte est connu…

La périodicité des diffusions est également un choix structurant pour les télévisions de pays et de quartiers. Une diffusion journalière en direct permet un traitement d’actualité et une libre expression des invités, alors qu’une diffusion sur un rythme mensuel ou plurimensuel facilite une implication forte dans le tissu local.

Logique de flux, logique de rendez-vous, logique de stock
Les moyens sont parfois complémentaires, impliquant ou non certaines logiques :

- L’organisation des programmes en chaînes implique une logique de flux qui autorise une continuité de service mais impose une contrainte quant à la précision des horaires de début et de fin (diffusion hertzienne, par câble ou par satellite dans le cas d’une forte densité d’occupation du canal)

- La diffusion de programmes dans une logique de rendez-vous fixe une heure précise de début et autorise plus de souplesse sur la durée. Il devient également plus facile d’ajouter des rendez-vous supplémentaires à l’occasion d’un événement (canal peu occupé, diffusion publique, diffusion par antenne collective, diffusion en direct sur internet)

- Une logique de stock permet de constituer une mémoire et une consultation à la demande grâce à l’accumulation de programmes (cassettes, télévidéothèques sur le câble, vidéos disponibles en ligne sur Internet)

Diversité des modes d’intervention

L’appropriation par les habitants d’une partie de l’animation et de la communication sociale locale se fait de façon très variée suivant les tissus locaux et les télévisions :

- Implication des habitants, des associations ou des particuliers à divers niveaux dans la conception et la production des émissions.

- Mobilisation du public avant l’émission comme dans le cas de l’association porte-à-porte qui visite les habitants avant chaque émission (Canal Nord à Amiens), pendant l’émission (diffusion publique, interactivité) et après l’émission (retour)

Diversité des financements

Suivant le contexte local et le tissu social concerné par les télévisions, les modes de financement sont multiples :

- Certaines financent leurs émissions grâce à des activités de production commanditées, d’autres non.
- Certaines font appel à des subventions des collectivités territoriales, d’autres non.
- Certaines souhaitent faire appel à la publicité ou au mécénat, d’autres non.
Il est cependant indispensable d’assurer la viabilité de ces télévisions de pays et de quartiers dans leur diversité, afin de garantir une pérennité à leur action d’animation et de communication sociale locale.

Résolutions et propositions de la première université européenne des télévisions de pays et de quartiers

La France est très en retard sur le développement de télévisions locales associatives par rapport à ses voisins. Les télévisions réunies à l’occasion de la première université européenne des télévisions de pays et des quartiers souhaitent un renforcement de l’action publique et une meilleure cohérence des moyens mis à leur disposition.

Elles ont adopté les résolutions suivantes:

Résolution 1 - Fonds de soutien aux télévisions associatives

Les télévisions de pays et de quartiers réunies à Castres demandent la création d’un fonds de soutien aux télévisions associatives facilitant l’investissement initial, le fonctionnement et le renouvellement du matériel, sur le principe du fonds de soutien à l’expression radiophonique en évitant les dysfonctionnements observés.

Ce fonds de soutien doit être accessible aux télévisions associatives, notamment aux télévisions de pays et de quartiers en prenant en compte leur mode d’action dans le cadre de l’animation et de la communication sociale locale. Il doit être expressément réservé aux structures bénéficiant ou devant acquérir rapidement grâce à celui-ci une indépendance économique et politique indispensable à la réalisation de leur mission.

Ce fonds de soutien devra faire l’objet d’un calendrier précis pour permettre rapidement l’organisation des télévisions et garantir le succès des nouveaux moyens de diffusion qui leur sont offerts, en particulier compte tenu du développement prochain de la Télévision Numérique Terrestre.

Résolution 2 - Financement par les collectivités territoriales

Les télévisions de pays et de quartiers réunies à Castres demandent un changement du code des Collectivités territoriales pour les autoriser à attribuer des subventions aux éditeurs diffuseurs à but non lucratif au titre de leur utilité sociale. L’existence de tels concours ne devrait toutefois pas permettre aux collectivités territoriales d’obtenir un rôle d’opérateur.
Ce mode de financement n’est pas incompatible avec le fonds de soutien.

Résolution 3 - Statut d’éditeur diffuseur

Les télévisions de pays et de quartiers réunies à Castres demandent la reconnaissance du statut d’éditeur/diffuseur pour l’ensemble des télévisions de pays et de quartiers, y compris pour celles qui utilisent des moyens de diffusion aujourd’hui non reconnus (diffusion publique, antennes collectives, diffusion sur Internet…)

Ce statut doit permettre aux télévisions de proximité qui souhaitent engager des productions plus ambitieuses d’être éligibles au compte de soutien du Centre National de la Cinématographie, tout en en favorisant le choix de ces autres modes de diffusion particulièrement adaptés à l’animation et à la communication sociale locale.

Résolution 4 - Fédération des télévisions associatives

Les télévisions de pays et de quartiers réunies à Castres demandent que des moyens financiers soient attribués aux fédérations de télévisions associatives afin de poursuivre leurs actions de formation, d'information et de développement du tiers secteur audiovisuel.

Résolution 5 - Régime des autorisations hertziennes

Les télévisions de pays et de quartiers réunies à Castres demandent que les fréquences sur les canaux hertziens analogiques encore libres et les possibilités d'accès au câble soient attribuées de préférence à des projets associatifs.

Considérant que l'exigence de liberté d'expression audiovisuelle s'impose, dans le cadre du respect de la légalité, au cours de cette période d'intense débat démocratique que constituent les présidentielles et les législatives, les télévisions de pays et de quartiers réunies à Castres demandent instamment que le régime des autorisations provisoires de diffuser dans les périodes électorales soient intégralement maintenu.

En outre, les télévisions associatives seront très attentives à ce que la volonté de déploiement de la Télévision Numérique Terrestre ne se traduise pas par une réduction du régime actuel des autorisations hertziennes analogiques temporaires ou permanentes.

Résolution 6 - Télévision Numérique Terrestre

Les télévisions de pays et de quartiers réunies à Castres reconnaissent que la télévision Numérique Terrestre représente une opportunité pour le développement de plusieurs d’entre elles en complément des autres modes de diffusion. Elles demandent au CSA à ce qu’il veille, sur l’ensemble du territoire, à ce qu’au minimum, une des trois ressources de diffusion hertzienne numérique terrestre locale soit attribuée aux programmes édités par les télévisions associatives. Un tel principe est destiné à être inscrit dans la loi à l’instar de la disposition dont bénéficient les radios associatives.

Néanmoins, le lancement de la Télévision Numérique Terrestre ne doit pas interdire aux télévisions associatives la possibilité d’accès immédiat à d’autres modes de diffusion, notamment le câble et les canaux hertziens analogiques encore libres sur certains territoires.

Résolution 7 - Obligation de transport

Les télévisions de pays et de quartiers réunies à Castres demandent la gratuité du transport et de la diffusion dans le cadre de leur mission d'intérêt général.

Résolution 8 - Zones de diffusion pour les télévisions associatives

Les télévisions de pays et de quartiers réunies à Castres estiment qu’il est indispensable que s’établisse dans les meilleurs délais une concertation menée par le CSA sur la définition des zones de diffusion afin d'améliorer leur planification sur le régime des télévisions locales associatives.

Résolution 9 - Renforcement de la reconnaissance internationale

Les télévisions associatives réunies à Castres souhaitent profiter des connaissances et des expériences des divers courants associatifs dans les différents pays pour renforcer leurs actions spécifiques vis-à-vis des autorités nationales.

Elles demandent une reconnaissance et un soutien au développement à l'Union Européenne et à tout autre organisation internationale concernée comme l'UNESCO.

Continuation des travaux

En étant confiant sur le sens de l’évolution engagée, les participants de la première université européenne des télévisions des pays et des quartiers ont affirmé le désir de se réunir pour une deuxième édition de l’université dans un délai d’un an, en veillant dans le cadre de cette nouvelle édition,
- à poursuivre les échanges sur les pratiques respectives au sein de mission d’animation et de communication sociale locale, d’insertion, d’éducation populaire ou encore de démocratisation culturelle,
- d’approfondir leur réflexion et leur information sur les moyens de développement du tiers secteur audiovisuel, en lien avec les télévisions locales associatives et les fédérations existantes ou à naître.
- de continuer à élargir leur ouverture internationale en direction des pays européens et par une meilleure prise en compte des expériences existant sur les différents continents...

Contacts
Fédération Nationale des Vidéos Des Pays et des Quartiers (FNVDPQ)
Présidente Nicole Alix
Rue François Simon F-13003 Marseille
Tel : +33 (0)4 91 50 26 24 - +33 (0)4 42 17 97 83
Fax : +33 (0)4 42 17 97 09 -
Mél : airelles@nnx.com
Url : http://vdpq.free.fr


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Introduction
La TNT : définition et principaux avantages
Intervention de Dominique Baudis
Les revendications des télévisions associatives
En savoir plus sur les televisions des pays et des quartiers
Bibliographie


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