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L’éducation par le sport ça marche encore ?Pour beaucoup, la pratique sportive a des valeurs éducatives. Le sport donnerait le goût du dépassement de soi, de l’effort, du respect, etc. A l’heure où les grandes manifestations sportives entonnent le discours sur ces valeurs fédératrices, qu'en est-il réellement ? Éléments de réponses auprès de structures sportives qui s’efforcent de mettre en place une approche éducative, notamment auprès des jeunes de quartiers dits « sensibles ». La pratique du sport s’est largement étendue en France, touchant également les femmes, les plus âgés et des catégories socio-professionnelles (ouvriers, artisans et agriculteurs) qui jusqu’à récemment étaient plutôt en retrait. Cette progression s’est accompagnée d’un discours sur l’éducation par le sport : un sondage réalisé en 2000 révélait que, pour plus de 80 % des Français, « la pratique régulière d’un sport d’équipe permet à un jeune des quartiers difficiles de s’en sortir ». Mais jusqu’à quel point les vertus supposées du sport sont-elles transférables dans la vie quotidienne ? Le sport, lieu d’apprentissage…Pour Hassan Zouihig, responsable du Pôle jeunesse - Animation sportive de Saint Martin d'Hères (Isère), « le sport peut être un support de loisir, de performance ou de construction individuelle. Il peut également servir à l'apprentissage de la citoyenneté, des valeurs de solidarité. Pour nous, le sport est avant tout un outil pour aller à la rencontre des jeunes. (…) Il est au cœur d'une démarche d'écoute et d'échange avec les jeunes plus particulièrement ceux qui ne fréquentent pas les clubs de sport, qui ne sont plus en relation avec l'école ou avec le monde du travail. » Au Ring grenoblois, un club qui enseigne la boxe éducative (une pratique de la boxe qui élimine les risques en insistant sur la notion d'assaut et le port de protections supplémentaires), on considère que la boxe « porte les valeurs du sport en général : la canalisation de l’énergie, la vie de groupe, le respect de l’adversaire, le dépassement de soi. » Patrick Mallaizée, directeur sportif poursuit : « le sport peut permettre aux jeunes de faire quelque chose. (…). Nous avons toujours été un lieu d’éducation et de formation. » … qui ne suffit pas à lui tout seulContrairement aux idées reçues, la pratique sportive dans les quartiers populaires se fait essentiellement en clubs. Elle est en-deçà de la moyenne nationale, en particulier pour les femmes et les jeunes filles. La plupart des sports dits « de rue » ou « de glisse urbaine » (skateboard, BMX, rollers...) sont plutôt l’apanage des enfants des classes favorisées. Bien qu’à Grenoble, à la Bifurk, on accueille régulièrement des groupes de MJC ou centre social pour des séances de BMX sur le skate park : « ils acceptent les règles : pas de compétition, chacun son style, ses figures, vive la différence et respect de soi et d'autrui. Car sur 500 M2 d'espace roulable, pour éviter les collisions, il faut partager, sinon ça ne marche pas. » Pourtant, les différentes valeurs mises en avant dans le sport sont souvent contradictoires : compétition et solidarité, individualisme et altruisme, sélection et intégration de tous, hédonisme et souffrance,... Sans parler de l'écart entre les valeurs de respect et les problèmes de violence ou de racisme que l'on peut constater parfois sur les terrains. Même si le sport ne peut à lui-seul répondre aux difficultés sociales croissantes ni non plus pallier le déficit de socialisation d’autres institutions comme la famille et l’école, il demeure malgré tout un outil d’approche de certains jeunes ainsi qu’un lieu d’éducation et d’émancipation. A condition de le considérer comme un moyen plutôt qu’une fin.
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