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« Un plus bio »
« Un plus bio » s’est fait connaître du grand public grâce au film « Nos enfants nous accuseront » de Jean-Paul Jaud sorti sur les écrans fin 2008. Issu du Civam du Gard (Centre d'initiatives et de valorisation de l'agriculture et du milieu rural), l’association d’éducation populaire fait la promotion de l’alimentation de qualité dans la restauration collective. Ce thème de travail s’avère un formidable levier pour aborder plus globalement les questions d’environnement et d’engagement individuel et collectif. Quel est le projet de « Un plus bio » ?Depuis 2002, Un plus bio rassemble et fédère les initiatives en faveur de la restauration collective bio et de qualité. Notre territoire d'origine est le grand Sud mais nous intervenons dans toute la France auprès du grand public, des parents d'élèves et des collectivités. Nous menons à la fois des actions de sensibilisation et proposons des outils éducatifs. Nous sommes un centre ressources pour les parents d'élèves qui recherchent de l'information et souhaitent pouvoir intervenir dans la gestion de la cantine. Et d’autre part, nous accompagnons les techniciens et élus des collectivités territoriales - conseils généraux, régionaux ou villes -, dans la mise en place d'actions locales en faveur du bio dans la restauration collective. Notre vocation est de sensibiliser et d'accompagner chaque acteur concerné par la qualité de l'alimentation. Pourquoi choisir la restauration collective bio comme levier ?C'est à l'occasion d'un travail commun des Civam du Gard (Centre d'initiatives et de valorisation de l'agriculture et du milieu rural) et des Francas, sur la place de l’enfant autour de la question « comment éduquer dans nos sociétés ? » que le thème de l'alimentation a émergé comme une question porteuse d'un enjeu fort. C'est par ce travail de terrain et le contact direct que ce thème est apparu, pas à l'issue d'une étude marketing. Avec l'alimentation, nous touchons à la question sensible de la santé des enfants qui ouvre à une prise de conscience des parents. Nous abordons également la biodiversité, l’environnement, le développement local... Et les gens font des liens avec les informations qui leur parviennent sur le monde rural et le monde agricole. Ils souhaitent pouvoir choisir et agir à leur niveau. Comment la prise de conscience mène-t-elle à l'engagement militant ?Il suffit de 3 ou 4 parents qui se mobilisent pour convaincre une école de reconsidérer la gestion de la cantine. Ils touchent du doigt qu'ils sont eux-même acteurs. Chacun peut s’appliquer des choix à soi-même mais peut aussi agir pour convaincre les collectivités. Cette militance n’est pas l'apanage unique des parents. Les élus et techniciens sont également militants, ils ont envie de mettre leur conviction au cœur de leur métier.. Un plus bio donne la possibilité à chacun de prendre part, en proposant des actions plausibles auprès des parents, des projets opérationnels pour les techniciens, et des arguments pour que les élus défendent le projet. Le film rencontre le succès public et un bouche à oreille sur Internet alors qu'il est vu comme alarmiste par la critique. Est-ce là un signe de changement important ?Le film Nos enfants nous accuseront fait l’état des lieux, et le bilan est plutôt grave. On connaît encore peu les conséquences de l’agro-industrie sur l’environnement et les populations. Mais le film montre surtout qu’à partir de ce constat, on peut mener une action individuelle et collective et agir sur la situation. Le film ouvre à la réflexion et montre qu'un choix est possible et donc une action est possible. Il est aussi un retour en terme d’images sur le travail accompli par les associations mobilisées pour faire bouger les choses. Nous voyons l'engagement des parents se poursuivre vers d’autres actions. Le très fort développement des AMAP (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne) en quelques années n'est pas anodin. Un plus bio est né du réseau des Civam (Centre d'initiatives et de valorisation de l'agriculture et du milieu rural), un acteur de l'éducation populaire en France. Quelle vision de l'éducation populaire avez-vous aujourd'hui ?Les Civam se sont mis en place dans les années 1960 pour une animation laïque des espaces ruraux. Nous restons hors des grands courants idéologiques ; nous travaillons avec les associations de développement local et les syndicats professionnels de tout bord. Nous restons attachés aux principes de l'éducation populaire que nous avons conservé en créant Un plus bio. Face au désengagement progressif de l'état pour l'éducation populaire, il faut répondre aujourd’hui en gardant nos principes fondateurs, en s’appliquant à nous même nos principes, concernant la démocratie interne, la parité, la formation, etc. Ces principes sont trop souvent oubliés, par les acteurs du secteur. Nous devons montrer notre pertinence, que nous pouvons répondre à une obligation de résultat en portant des valeurs d’égalité et d’éducation pour tous. Il nous paraît important que l’éducation populaire fasse mieux valoir sa capacité d’innovation sur les territoires. S’il existe des cantines bio à Barjac et ailleurs, c’est que des associations ont porté sur le terrain ces initiatives innovantes. Les collectivités offrent une voix aux associations qui innovent. Mais il faut qu’elles surprennent en tenant compte des attentes et de leurs capacités à agir.
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