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Service civil volontaire : valoriser l’engagement, valoriser la jeunesseInstauré en 2006, le service civil volontaire (SCV) offre la possibilité à des jeunes d’effectuer une mission d’intérêt général de 6 à 9 mois au sein d’un projet caritatif ou humanitaire. Initié par l’Etat à la suite de la conscription militaire, ce volontariat a pour ambition de développer l’esprit civique de jeunes âgés de 16 à 25 ans. Financé à 90 % par l’Etat, le dispositif devait bénéficier à 50 000 jeunes mais il n’a pas rencontré le succès escompté. A l’issu de son « Enquête sur le service civil volontaire », l’Agence pour le Volontariat Etudiant (AVE) http://www.volontariat-etudiant.fr revient sur le dispositif et relève les freins mais aussi les opportunités de cette formule défendue par les associations de jeunesse. L’auteure Sophie de Place nous livre ses observations et Xavier Duboc, directeur d’Unis Cité Rhône-Alpes nous fait part de ses attentes. Un dispositif méconnuPremier constat de l’enquête ; le service volontaire n’a pas séduit autant de jeunes que son lancement laissait prévoir. « C’est notamment en raison de la lourdeur administrative du dispositif » explique Sophie de Place. « A la complexité de la démarche s’ajoute un manque de flexibilité des conventions de financement qui pénalise tout particulièrement l’accès au dispositif des petites associations » ajoute-t-elle. Mais pour l’AVE, les résultats de l’enquête montrent avant tout que le service volontaire souffre d’une faible diffusion médiatique. « Nous avons pris conscience de la faiblesse de la communication : 40 % des jeunes potentiellement intéressés par le SCV n’en ont jamais entendu parler », poursuit-elle. De leur côté, 65 % des associations souhaiteraient être davantage informées. Ainsi, reste-t-il à faire mieux connaître le statut propre au service civil. Une mission valorisanteL’enquête met en avant l’apport qualitatif des missions réalisées pour les jeunes. Pour 90 % des personnes interrogées, le SCV leur a permis de vivre une expérience « humaine et personnelle ». Et pour 69 % d’entre elles, cette expérience fut à la fois « valorisante et valorisée ». Malgré les difficultés de sa mise en place, le SCV remplit bien un rôle de soutien à l’engagement citoyen des jeunes. Il permet un investissement concret au service des autres ou d’un projet. Accordant un statut et une indemnisation le temps de la mission, il s’avère également un véritable outil de reconnaissance. Sophie de Place ajoute que « le cadre associatif est particulièrement propice à la prise de responsabilités ». Un appui pour l’insertion professionnelleOutre l’expérience de l’engagement, c’est l’accompagnement vers l’emploi proposé par le SCV qui intéresse 38 % des jeunes interrogés. En effet, cet accompagnement est accessible à tous quelque soit les parcours. Si la moitié des bénéficiaires ont un niveau d’étude supérieur au bac, la plupart ont interrompu leur scolarité. Pour tous, le SCV représente « une période de stabilité, de réflexion ou d’orientation ». Cette période du volontariat peut ensuite être valorisée auprès d’établissements d’enseignement supérieur ou auprès d’employeurs. Pour certains, le volontariat représente une véritable réinsertion dans la vie active. Des pistes d’améliorationAu-delà du travail de bilan, les auteurs proposent à leur tour certaines améliorations dont pourrait bénéficier le service volontaire. Ils préconisent une reconnaissance du statut dans le parcours universitaire et la simplification de la démarche pour un accès du plus grand nombre. Le programme de formations proposées pourrait également être rendu plus attractif ; la plupart des jeunes n’y trouvant pas d’intérêt a priori. Autre piste de travail, l’ouverture vers de nouveaux terrains d’expériences. Pour Sophie de Place « il est important de faire le lien avec le monde de l’entreprise et les universités ». Mais quel avenir pour le SCV ?Le service volontaire est maintenu jusqu’en septembre 2009, mais en fonctionnement restreint. Suite à la présentation à la rentrée du rapport Ferry pour un service civique volontaire, le SCV est aujourd’hui en attente d’une décision du gouvernement. Comme d’autres associations, Unis Cité, ONG qui organise et promeut le SCV, est plutôt satisfaite des recommandations du rapport Ferry. Selon Xavier Duboc, directeur d’Unis Cité Rhône-Alpes, ces recommandations sont « proches des leurs ». Uni Cité a en effet mené une étude d’impact parmi son réseau et établi une charte énonçant les Principes fondamentaux pour un service civique universel.
« Il faut que les jeunes puissent tous avoir accès à cette étape de vie, le SCV doit être conçu pour cela. Mais le rapport Ferry n’est qu’un rapport, poursuit-il, et les arbitrages financiers seront au cœur du débat, au delà de l’intérêt du service civil volontaire ». Des propositions devraient être présentées par le gouvernement d’ici la fin de l’année 2008.
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